Lès-årtikes sont
scrît' è lingadje di l'ôteûr.
Lès tites sont dèl
rédaccion
|
Pourquoi faire simple...
Cest
semble-t-il bien là ce que fait Claude Delmas en nous
livrant sa réflexion sur limportance du genre auquel
appartient le texte dans lanalyse que peut en faire le
linguiste. « Fragment dun discours culinaire »
sintéresse donc tout particulièrement à
la facture dune harmonie co-énonciative reposant
sur un pacte linguistique entre une énonciatrice fictive
et un lecteur construit que le texte met en scène. Analysant
la nature du filtrage sémantique symbolisé par
delta, lauteur fait appel à dautres éléments
de corpus dans dautres genres de textes. Pour lui, delta
« rappelle quun élément sémantique
ne trouve pas de projection linéaire. [...] Nayant
fait lobjet daucune instanciation préalable,
cette absence ne signifie pas effacement » [28]. Un exemple
probant est ensuite donné, dans lequel les verbes à
limpératif sont précédés dun
delta filtrant lagent et parfois aussi dun delta
filtrant le patient. Dans le corpus choisi, la plupart des verbes
« relèvent des actes caractéristiques de
la cuisine » [30], ils sont sémantiquement contraints.
En position delta, le sujet de ces verbes assume une double agentivité
: celle conférée par son rôle lecteur et
celle associée à son rôle agent lors de la
mise en acte de la recette de cuisine. Se pose alors la question
de savoir si ces impératifs véhiculent un schéma
causal-résultatif. Lauteur conclut en soulignant
la multiplicité des champs à explorer en marge
des principes généraux de la grammaire : syntaxe,
sémantique, négociation inter-énonciateurs,
pragmatique, sémiotique sont autant dingrédients
intervenant dans la recette de lénonciation bien
réussie et de la cuisine du sens.
|
in http://www.cercles.com/review/r21/contrastes.htm
janvier 2006 |
|
La bouffe ? Tout dépend
du point de vue
|
L'Europe de
l'Ouest ne s'intéresse qu'à la grande bouffe. Elle
est sous le joug du poulet, du vin et de l'abstraction. |
Hassan
II
in Le Figaro-Magazine
5 Février 1984 |
|
Le basket,
c'est bien ; parce que, vu l'état de la bouffe actuellement,
je ne vois pas ce qui nous reste d'autre qu'un ballon à
mettre dans un panier. |
Laurent
Ruquier in Je ne vais pas me gêner |
|
Je bouffe de
temps en temps des asticots pour assouvir un sentiment de vengeance
par anticipation. |
Philippe Geluck
in Et vous, chat va ? |
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On blâma son courage...
A quatre heures,
Vatel va partout, il trouve tout endormi. Il rencontre un petit
pourvoyeur qui lui apportait seulement deux charges de marée;
il lui demanda : "Est-ce là tout ? " Il lui
dit : "Oui, Monsieur." Il ne savait pas que Vatel avait
envoyé à tous les ports de mer. Il attend quelque
temps; les autres pourvoyeurs ne viennent point; sa tête
s'échauffait. Il croit qu'il n'y aura pas de marée;
il trouve Gourville, et lui dit : "Monsieur, je ne survivrai
pas à cet affront-ci; j'ai de l'honneur et de la réputation
à perdre." Gourville se moqua de lui; Vatel monte
à sa chambre, met son épée contre la porte,
et se la passe au travers du cur, mais ce ne fut qu'au
troisième coup, car il s'en donna deux qui n'étaient
pas mortels: il tombe mort. La marée cependant arrive
de tous côtés; on cherche Vatel pour la distribuer,
on va à sa chambre; on heurte, on enfonce la porte; on
le trouve noyé dans son sang; on court à M. le
Prince, qui fut au désespoir. M. le Duc pleura; c'était
sur Vatel que roulait tout son voyage de Bourgogne. M. le Prince
le dit au Roi fort tristement : on dit que c'était à
force d'avoir de l'honneur à sa manière; on le
loua fort, on loua et on blâma son courage...
|
Marie de Rabutin-Chantal,
marquise de Sévigné |
|
Cuisine familiale
|
Le principal
ingrédient pour toute une bonne cuisine familiale est
l'amour ; l'amour envers ceux pour qui vous cuisinez. |
Sophia
Loren |
Mais :
Les repas de famille ne consistent pas à se manger entre
parents. |
Jules
Jouy |
De toute façon
:
Chaque repas que l'on fait est un repas de moins à faire. |
Vladimir Jankélévitch
|
|
|
|
Ce n'est pas une réponse
à Colette
La cuisine,
c'est quand les choses ont le goût de ce qu'elles sont.
Si le potage
avait été aussi chaud que le vin, le vin aussi
vieux que la poularde
et la poularde aussi grasse que la maîtresse de maison,
cela aurait été presque convenable.
|
Curnonsky |
|
Savoir inviter ses convives...
et savoir les choisir
Mon cher Curnonsky,
tu viens dîner dimanche, ça ne fait pas un pli,
seulement je tiens à te faire savoir que la douce Juliette
est au lit, que c'est Joséphine qui fonctionne assez mal
et que le dîner sera probablement médiocre. Tu dois
venir, la beauté de Willy, mon esprit doivent te faire
oublier la médiocrité du dîner. C'est une
question de dévouement, non de gueule.
----
A un certain âge, n'admettez que des amis anciens, rassis,
modérés, parés de la fidélité
qui vient avec l'âge. Car il est bon de traiter l'amitié
comme les vins et de se méfier des mélanges.
|
Colette |
|
...A propos du vin
|
Manger beaucoup,
je ne puis, mais je peux, j'en suis sûr, boire ce qui a
robe et capuchon ! |
Evêque
John Still |
Vigne, l'homme
devient morose
Sans ton vin d'aurore teinté.
Fais-moi revoir la vie en rose.
On la voit jaune dans le thé. |
Jean
Rameau |
|
Tenez ! Ce
petit soleil qui danse là sur le verre, c'est le clin
d'il du vigneron, clin d'il complice de votre gourmandise
dont il n'est pas dupe mais dont il est fier. |
Louis
Orizet |
Cloîtres
silencieux où dorment les bouteilles !
Caves, celliers profonds receleurs de trésors,
Que vous ont confié les amis de nos treilles !
Je glisse avec respect en vos corridors. |
Albert
Couvreur |
|
Ici reposent
les fruits de tant de soins : flacons jeunes, lisses, fioles
millésimées, habillées lentement d'une fourrure
impalpable, grise et blanche comme du duvet. |
Colette |
|
. |
|
Le thé anglais
Nous descendons
au tea-room. C'est une cave claire où sont alignées
des tables et des chaises d'une tristesse et d'une laideur inimaginables.
C'est plus triste qu'un self-service au petit jour. On pense
à Huis-clos. Derrière un gros tea-pot en aluminium
tout bosselé, une vieille femme à la voix aigre
plonge une louche au manche tordu dans une caissette métallique
pleine de thé frais. Ce thé, elle le jette avec
rage, dirait-on, dans le tea-pot ; elle empoigne le tea-pot qui
décrit dans les airs un périlleux vol plané
avant d'atterrir avec fracas sur les grilles d'un antique réchaud
à gaz. De temps en temps, cette charmante vieille dame
attrape d'un geste tout aussi rageur que les précédents,
une autre verseuse en aluminium d'où s'échappe
un brûlant jet de vapeur. Elle renverse le bec de la verseuse
sur le tea-pot qu'elle emplit à ras du bord ; puis elle
vous lance dans les doigts une nice cup of tea de faïence
bleutée. Ajoutons que si vous êtes adroit, vous
parvenez à arracher des mains d'une autre dame âgée
à peu près aussi avenante que la précédente
une soucoupe contenant une dizaine de crakers salés ou
bien une très mince bande de chester entre deux très
minces tranches de pain fade. Le troisième jour du procès
du brave petit docteur [Adams], nous découvrîmes
que les dames du tea-room, de temps en temps, évacuaient
dans un seau le vieux thé usé du tea-pot. Elles
attendaient, pour accomplir ce rite, que la litière du
thé usé ait absorbé la moitié ou
presque du volume utile de la vieille chaudière. A le
voir préparer dans de telles conditions, on pouvait éprouver
quelque anxiété sur la qualité du breuvage
que ces dames nous vendaient. Détrompez-vous ! Ce thé
était délicieux, et c'est là peut-être
l'un des mystères les plus intéressants qui aient
marqué le séjour des chroniqueurs judiciaires français
au cur de cette chère vieille Angleterre.
|
Frédéric
Pottecher, Grands Procès, Moscou : affaire Powers,
Londres : affaire Adams, Jérusalem : affaire Eichmann,
Ed. Arthaud, 1964 |
|
Le gourmet
Passer pour
un idiot aux yeux des imbéciles est une volupté
de fin gourmet.
|
Rivarol |
|
La table
Dans le pâle
rayon de la lune qui monte,
La table bien dressée attend les invités.
Et le faisceau bleuté que le lustre surmonte
Y détache un peu d'ombre en sa limpidité.
|
Albert Couvreur |
|
Le dîner
Le joli musée
qu'un dîner, quand la couleur du vin brille comme la couleur
d'un tableau ou quand des plats d'argent sur la table éblouissante,
nous donnent en une heure la sensation pleine et directe de ces
divers chefs d'uvre dont le désir de l'un suffit
à remplir de charme une heure oisive et d'appétit.
|
Marcel Proust |
|
Le cuisinier
Un cuisinier
quand je dîne
Me semble un être divin,
Qui au fond de sa cuisine
Gouverne le genre humain
Qu'ici bas on le contemple,
Comme un ministre du ciel,
Car sa cuisine est un temple
Dont les fourneaux sont l'autel.
|
Grimod de la Reynière |
|
La cuisine du bonheur
Lorsque nous
étions réunis à table et que la soupière
fumait, maman disait parfois "Cessez un instant de boire
et de parler".
Nous obéissions. " Regardez-vous " disait-elle
doucement.
Nous nous regardions, sans comprendre, amusés.
" C'est pour vous faire penser au bonheur " ajoutait-elle.
Nous n'avions plus envie de rire. " Une maison chaude, du
pain sur la nappe, des coudes qui se touchent, voilà le
bonheur " répétait-elle à table, puis
le repas reprenait tranquillement.
Nous pensions au bonheur qui sortait des plats fumants, qui nous
attendait au soleil, dehors, et nous étions heureux.
Papa tournait la tête, comme nous, pour voir le bonheur
jusque dans le fond du corridor, en riant, parce qu'il se sentait
visé. Il disait à ma mère : " Pourquoi
tu nous y fais penser à ce bonheur ? "
Elle répondait : " Pour qu'il reste avec nous, le
plus longtemps possible
"
|
Félix
Leclerc in Les pieds nus dans l'aube |
|
La cuisine...
On a écrit
un Eloge
de la folie et un Eloge de l'ombre, mais qui va se
décider à écrire un Eloge de la cuisine,
éloge non pas de l'art culinaire, mais du lieu ? C'est
un lieu d'alchimie, qui abrite le feu. C'est un lieu où
l'on parle, où l'on se dit des vérités,
des mensonges, des phrases définitives, des histoires
drôles, des choses désagréables et des choses
sensées ou insensées. Dans les cuisines ont lieu
des scènes d'amour et des scènes de ménage.
Je regrette les vieilles et vastes cuisines des fermes, où
on vit et où on mange, où on se réfugie
et où on se confie. Il y a vingt ans, j'avais pu louer
à Capri une grande maison isolée, pleine de chambres,
où j'avais invité des amis. Malgré la piscine,
la mer, le jardin, on se retrouvait tous ensemble dans la cuisine,
à midi, et on discutait pendant des heures, alors qu'il
faisait soleil dehors et que la cuisine était plutôt
sombre, mais cette cuisine nous attirait, nous hypnotisait, et
finalement nous rapprochait.
|
Maurice Béjart,
La Vie de qui ? |
|
2004, Année de la
Musique en Wallonie...
La Musique, thème
de l'année 2004, nous a valu en ce mois de janvier d'incessants
coups de téléphone à la recherche de liens
entre cet art et la gastronomie.
Pour votre bonne information, nous ne résistons pas au
plaisir de citer :
Jean-Luc Hennig, "Erotique
du vin" (Editions Zulma, 2003) :
On appelle
« vin à deux oreilles », écrit Furetière,
celui qui fait secouer les oreilles de déplaisir, et «
vin à une oreille », celui qui fait pencher loreille
en signe dapprobation. Donc, le vin ne suffit pas du nez
et de la langue, il se connaît aussi par loreille.
Pour un opéra-comique, il faut du champagne, la musique
religieuse demande du vin du Rhin ou du jurançon et la
musique héroïque ne peut se passer du vin de Bourgogne.
Il a la fougue et lentraînement du patriotisme. Huysmans
propose même une « orgue à bouche »
permettant de composer selon lhumeur dintrigants
cocktails de saveurs et Boris Vian, dans le même esprit,
un « pianocktail », système où chaque
note commande à un alcool, une liqueur ou une aromate.
La pédale forte correspond à un oeuf battu et la
pédale faible à la glace. Pour leau de Seltz,
il faut un trille dans le genre aigu, et pour la crème
fraîche, un sol grave.
Hubert Monteilhet,
"Requiem pour une noce" (Ed. Denoël, 1973)
:
Qui
aura jamais le courage de déclarer : "La Musique
est à l'art ce que la bouillie est au gigot, et la meilleure
preuve en est que le plus grand des musiciens, Beethoven, était
sourd" ?
|
. |
|
Si l'orthographe était
meilleure...
La piqure de
la migale
lui fut vraiment fatal
à ce pauvre canibale
qui fut cuisiner à la sauce provencale.
|
G-A.M. - exercice
de création d'un poème à partir
de rimes en "ale" - 1ère année cycle
secondaire - Wallonie |
|
ANNEE VICTOR HUGO
Rabelais, c'est
la Gaule ; et qui dit la Gaule dit aussi la Grèce, car
le sel attique et la bouffonnerie gauloise ont au fond la même
saveur
... Son éclat de rire énorme est un des gouffres
de l'esprit.
|
Victor Hugo |
|
DU GOUT...
Il faut donc
avoir de l'âme pour avoir du goût.
|
Vauvenargues, Réflexions
et maximes |
|
DE L'ESPRIT...
Les animaux
se repaissent ; l'homme mange ; l'homme d'esprit seul sait manger.
|
Brillat-Savarin,
Physiologie du goût |
|
DES DEUX...
Le crachat
constituant la représaille instinctive du domestique mécontent,
on n'y mange que des crachats accomodés à toutes
les sauces, et le repas qui vous est offert manque au premier
de ses devoirs : la variété des mets.
|
Georges Courteline,
La philosophie de Georges Courteline |
|
ET DU BON SENS...
Marèye-Èli
qui féve dès vôtes
Mahîve consincieûsemint s'lawèt...
"Vos f'rez magnåhe avou nos-ôtes"
Dit-st-èle a m' camaråde Françwès.
Mins nosse Françwès qu'a dèl métôde,
Ni sét s'i deût rèsponde "Awè";
Ca d'pôye on moumint noste apôte
È-st-an trin dè bwèrgnî 'ne saqwè.
C'è-st-ine glêriante gote qui barloke
Al narène da Marèye-Èli,
Qui mahe qui po mèye assoti.
Et mågré qu'il a l'êwe al boke
Françwès rèspond : "Po dècîder,
Fåt vèy wice qui l' gote va toumer !"
|
Marcel David, in
Revue trimestrielle La Wallonne n°2/2001 |
|
A(h) LA SOUPE !
Je vis de bonne
soupe, et non de beau langage. ............................................Molière
Mieux vaut pas de cuillère que pas de soupe. ...............................Proverbe allemand
On ne peut faire une bonne soupe qu'avec le meilleur de son coeur. ..............Beethoven
Le bouillon est une nourriture saine, légère, succulente
et qui convient
à tout le monde. Il réjouit l'estomac, il le dispose
à recevoir et à digérer...Brillat-Savarin
La soupe et le poisson expliquent la moitié des émotions
de notre vie.
.....Sydney
Smith
La soupe du soir : magnifique... ........................................................Lewis Carroll
Entre la soupe et l'amour, la première est la meilleure...........Vieux proverbe espagnol
La soupe tranquillise le coeur, apaise la violence de la faim,
élimine les tensions de la journée, réveille
et aiguise l'appétit. ..........Auguste Escoffier
|
in "Flash",
décembre 2002 |
|
QUESTION D'OPTIQUE
Mon verre n'est
pas grand, mais je bois dans mon verre. .................Alfred de Musset
Mon verre est petit, mais je ne veux pas que vous buviez dedans.
...........Jules Renard
|
. |
|
Il est terrible
le petit bruit de l'oeuf dur sur le comptoir d'étain.
|
Jacques Prévert |
|
PRECISION
Ventre affamé
n'a point d'oreilles. ...........................................Jean de la Fontaine
Ventre affamé n'a point d'oreille, mais il a un sacré
nez ! ................... Alphonse Allais
|
. |
|
IN "MENSUEL LITTERAIRE
ET POETIQUE" N°296
Café
Un soir de novembre,
un peu de vin,
un irrépressible désir
de briser l'une des vitres
de l'immeuble d'en face
- n'importe laquelle...
Mais il pleut.
Le gosier vous brûle.
A la table d'en face
les mangeurs de viande
exhibent des oreilles bizarres.
On voudrait rire.
A la surface du vin flottent des cils.
Ah, traverser la rue sous la pluie
pour briser l'une des vitres
de l'immeuble d'en face...
- mais le désir s'émousse et devient maîtrisable.
|
Corps inerte
Dans l'ombre immobile
il m'a semblé découvrir
tout à coup comment vivre
sans langue, sans désir,
corps inerte
- à l'instar de ce verre
d'eau minérale
qui garde le silence
comme lorsqu'il était vide.
Mes mains tremblent
tellement le verre est silencieux
- dans l'ombre immobile,
il m'a semblé découvrir tout à coup
comment vivre sans rien
dire ni désirer
Corps inerte
Mes mains tremblent
- tellement que s'est brisé
le verre d'eau
minérale.
|
Mariné Pétrossian,
poète arménien, traduit par Vahé Godel |
|
ASSURANCETOURIX :
- les femmes
bardes, ça existe, non ?
- Non Madame ! Une barde, ça nexiste pas, ou alors
cest une tranche de lard.
|
R. Goscinny &
A. Uderzo, Astérix, la rose et le glaive |
|
FAITE SOI-MEME
Tiens, Louis,
prends encore une petite cuiller de mayonnaise, tu n'en trouveras
pas beaucoup de la pareille, faite à la maison. Tu iras
loin pour en trouver. Ah, j'étais aussi maigre quand j'étais
jeune. Et aussi toujours à lire des livres, comme toi.
Mais qu'est-ce que tu veux, c'est la vie qui commande.
Qu'est-ce que tu en penses, de ma mayonnaise ? Faite moi-même,
hein, car notre Monique ne peut pas y toucher quand elle a ses
affaires, ça fait tourner la mayonnaise, retiens ça.
Enfin, tu es encore jeune, qu'est-ce que connais à la
mayonnaise ?
- Que ce mot vient de Mahon.
- Mahon ?
- Capitale de Minorque.
- Tiens, qui aurait cru ça ?
|
Hugo Claus, Le
chagrin des Belges |
|
BON DIEU...
Cerise :
celui qui a mis la queue aux cerises : se dit en Suisse (région
de Fribourg) pour parler de Dieu. Le système astucieux
qui a consisté à réunir les cerises en bouquets
par leurs queues (comment s'y prendrait-on autrement pour faire
des boucles d'oreilles ?) appartient à la catégorie
des petites choses propres à faire croire à l'existence
de Dieu, comme la division du melon en tranches ou la longueur
du cou de la girafe.
|
Colette Guillemard |
|
MAIS AUJOURD'HUI ?
Chez des amis,
j'ai mangé récemment des écrevisses pêchées
en Belgique. Je croyais qu'elles avaient définitivement
disparu. (R.
Horne, d'Ostende)
A Liège, où la Meuse est très polluée,
on mit à sec, en 1969, l'ancien bassin des yachts en face
de l'Evêché. L'équipe de l'Université
de Liège, chargée de la récupération
des poissons, eut la stupéfaction de recueillir dans la
vase une quantité d'écrevisses énormes dont
on ne soupçonnait même pas l'existence en Meuse.
Les écrevisses n'ont donc pas totalement disparu.
|
in Le Guide des
Connaisseurs n° 23 mars-mai 1973 |
|
SAUF BONNE FAIM
Tout a une
fin sauf le saucisson qui en a deux.
|
Citation danoise
et titre d'un livre de Sophie Roche, Ed. Albin Michel,
in L'Eventail n°5, juin-juillet-août 2001 |
|
CARAMBA !
Contrairement
à l'information parue en page 3 du "Living Kitchen"
distribué fin mars (sic), le bouton d'or n'est pas comestible
et ne peut en aucun cas être utilisé dans une préparation
culinaire, même en guise de décoration dans des
glaçons. Solo prie l'ensemble de ses lecteurs de bien
vouloir l'excuser pour cette regrettable erreur et leur offre
ce dépliant consacré aux nouveautés culinaires
de l'été. Si vous avez la moindre question, n'hésitez
pas à appeler la ligne d'information au 078/15 22 00 (tous
les jours ouvrables, de 9h à 17h) ou à envoyer
un e-mail à l'adresse : reactionlivingkitchen@karamba.be
|
Dans un feuillet
publicitaire toute-boîte : "Living Kitchen. La cuisine
contemporaine vue par Solo", distribué par la firme
Solo (margarine) à Hermalle-sous-Huy dans la 2e quinzaine
de mai 2001 |
|
SAINT SAINT SAINT
ARTICLE 1 :
La gourmandise est-elle un péché ?
Objections : 1. Il ne semble pas.
Car le Seigneur dit en S. Matthieu (15,11) : "Ce n'est pas
ce qui entre dans la bouche qui rend l'homme impur." Or
la gourmandise concerne les nourritures qui entrent dans l'homme.
Puisque tout péché souille l'homme, il semble donc
que la gourmandise ne soit pas un péché.
2. Personne ne pèche en ce qui est inévitable.
Or la gourmandise est un manque de modération en matière
de nourriture que l'homme ne peut éviter. S. Grégoire
dit en effet : "Dans l'action de manger, le plaisir se mêle
tellement à la nécessité qu'on ne sait pas
ce qui est demandé par l'une ou par l'autre." Et
S. Augustin : "Seigneur ! Qui donc n'a pas pris de nourriture
en sortant un peu des bornes du nécessaire ?"
3. En toute espèce de péché le premier mouvement
est déjà un péché. Or le premier
mouvement qui conduit à prendre de la nourriture n'est
pas un péché, autrement la faim et la soif seraient
des péchés.
En sens contraire, S. Grégoire recommande de "ne
pas nous lever pour livrer le combat spirituel sans avoir auparavant
dompté l'ennemi qui se trouve en nous-même, c'est-à-dire
l'appétit de gourmandise". Or l'ennemi intérieur
de l'homme, c'est le péché.
La gourmandise est donc un péché.
ARTICLE 2 : La gourmandise est-elle un péché mortel
?
Objections : 1. Non, semble-t-il.
(...) La gourmandise est donc un péché mortel.
ARTICLE 3 : La gourmandise est-elle le plus grand des péchés
?
Objections : 1. Il semble bien.
(...) En sens contraire, les vices de la chair, parmi lesquels
on compte la gourmandise, sont peu coupables, selon S. Grégoire.
ARTICLE 4 : Les espèces de la gourmandise
[etc...]
|
Somme Théologique
IIa-IIae QUESTION 148 : LA GOURMANDISE in http://www.tradere.org/biblio/thomas/som8/som80008.htm |
|
SEIN SEIN SEIN
Les adultes
ont accès à mille sortes de voluptés, mais
pour les enfançons, il n'y a que la gourmandise qui puisse
ouvrir les portes de la délectation.
|
Amélie Nothomb,
Métaphysique des tubes |
|
...ET DE LA FEMME
La gourmandise
est l'apanage exclusif de l'homme.
|
Anthelme Brillat-Savarin |
|
LE GOUT DU VRAI
La gourmandise
dans le mensonge finit souvent par suggérer la saveur
réelle des choses.
|
Marie-Claire Blais,
La belle bête |
|
ECHECS ET MATH
... Cette idée
de la multiplication du grain initial, on la retrouve dans une
célèbre anecdote rapportée par Marc Doudon.
[Histoires de plantes glanées à travers mythes,
légendes et traditions, Paris, Ed. Missions et développement,
1986]
Un brahmane, ou prêtre hindou, présente à
un prince le jeu qu'il a inventé : l'échiquier;
celui-ci est émerveillé par l'abondance des combinaisons
offertes et tient à remercier le brahmane. Pas sot, le
brahmane : il se contentera d'une quantité de blé
égale à la somme des grains obtenus en mettant
un grain sur la première case, deux sur la seconde, quatre
sur la troisième, huit sur la quatrième, etc. Le
prince accepte d'emblée, d'autant qu'il est très
riche et que ses greniers regorgent de blé. Comment pouvait-il
imaginer jusqu'où allait l'emmener une telle progression
géométrique ? Dès la 38e case, il devait
déjà déposer six mille tonnes de blé;
et quand il arriva à la dernière, la 64e, le malheureux
donateur n'en crut pas ses oreilles lorsqu'il entendit le résultat
des calculs du brahmane : le total de l'échiquier atteignait
huit cent milliards de tonnes, soit la production mondiale de
blé pendant trois mille ans.
|
Jean-Marie Pelt,
Au fond de mon jardin |
|
SOS
Comme le cigare,
nulle chose ne doit être connue à ses cendres.
|
de ?? |
|
LAUS GB
Les caddies
remplacent avantageusement les prie-Dieu dont ils épousent
d'ailleurs la forme.
|
Jean-Marie Pelt,
Au fond de mon jardin |
|
DANS LE FEU DE L'ACTION
?
What's cooking
?
Expression utilisée dans la marine américaine et
signifiant "Comment ça va ? Qu'y a-t-il de neuf ?"
|
Ray Lasure, in
Maintenant, fermez la fenêtre, Paris, Librairie des Champs
Elysées, EO 1054 (reprint 1969) |
|
QUESTION D'ESTOMAC
La littérature
à l'estomac.
Entre mon gîte et la Bibliothèque nationale, je
suis souvent saisie d'une fringale irrépressible. On a
beau dire, les nourritures intellectuelles ne sauraient remplacer
le boire et le manger. Quand le corps crie famine et que les
leitmotive de la faim surgissent continûment, ce n'est
la lecture ni de Racine, ni de La Fontaine, ni de Chateaubriand,
qui peut apaiser une poche stomacale rendue exiguë par le
jeûne et l'abstinence.
Quel martyre que de devoir, à jeun, lire des récits
de pique-niques extra, de lippées sublimes et d'agapes
excellemment arrosées ! Les festins littéraires
font saliver et endêver les futurs agrégés
sans le sou. Je me rappelle les goûters de mon enfance,
quand mon père me rangeait parmi les fanatiques de la
fourchette, les ogresses et les sybarites. Puis le temps des
vaches maigres est arrivé.
[fin pour les juniors]
Aujourd'hui, je suis parfois si obsédée par la
faim que, penchée sur les trésors de la Bibliothèque
nationale, je les confonds avec ceux de la gastronomie : manuscrits
médiévaux et fricandeaux, palimpsestes minoens
et courts-bouillons, in-folio et sot-l'y-laisse, ainsi que les
culs-de-lampe historiés et les cancoillottes très
parfumées, les incunables et les pets-de-nonne, les petits
livres et les petits-beurre.
Ecrirai-je un jour l'autobiographie qui, dût-il m'en coûter,
retracera la route qu'on m'avait assuré être la
plus facile, racontera ma jeunesse qui s'est tantôt cherchée,
tantôt fuie, qui eût aimé s'empiffrer, qui
s'est défendu de souffrir, qui s'est révoltée,
et dont les privations ont exhaussé mon âme ?
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Dictée lue
par Bernard Pivot, célèbre animateur d'émission
littéraire français, à la finale des Championnats
du monde d'orthographe de langue française, Paris, samedi
2 décembre 1989. |
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SATIE A LA MERE DE JEAN
COCTEAU :
"Dites
à Germaine Tailleferre [conmpositrice du groupe des Six]
que
Ravel - son Dieu - est un veau et mal cuit encore ! "
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in "Correspondance
presque complète par Erik Satie".
Réunie et présentée par Ornella Volta, Fayard/Imec,
2001 |
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CE N'EST PAS DE PIERRE TOMBAL...
Quel brasseur
a dit :
"Quand on met le Belge en bière, il sort du tombeau"
?
.....................................................................(snameleiW noéL)
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in le Jeu "La
Belgique infernale", de Jean-Paul Deleixhe et Christian
Libens,
avec la collaboration de Jacques Mercier. Bruxelles, Ed. Labor,
1999 |
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DIRECTION DE COCKERILL,
OCTOBRE 1997 :
Il faut que
les appointés et cadres soient davantage impliqués.
Qu'est-ce à dire ?
Exemple :
..........................Dans l'omelette au
lard, il y a deux composants :
..........................La Poule et le Cochon.
..........................La Poule est concernée,
..........................Le Cochon est impliqué.
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Cette citation
nous a été rapportée par un des cadres "impliqués".
D'après (?) une citation de John Cockerill. |
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AVANT LA VACHE FOLLE !
L'homme est
bon, mais le veau est meilleur.
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Bertold Brecht |
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28 SEPTEMBRE 1757
AVIS AU PUBLIC.
LES SEIGNEURS DEPUTE'S DES TROIS MEMBRES DE L'ETAT du pays &
Comté de Namur, informent tous & un chacun , qu'en
vertu du Décret du Conseil des Domaines & Finances
de SA MAJESTE' L'IMPERATRICE REINE , du 22. du présent
Mois , rélatif à celui de SON EXCELLENCE du 20.
précédent , il est permis aux Habitans de cette
Province, de distiller des Eaux-de-vie de Grain ; bien entendu
cependant que sous ce prétexte , lesdits Habitans ne pouront
acheter les Grains servans à cet éffet , qu'aux
Marchés publics en conformité des Placards.
Fait en l'Assemblée tenuë le 28. Septembre 1757.
PAR ORDONNANCE.`
DAN. MICHAULT prémier Official
pour l'absence du Greffier.
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A NAMUR, chez Pierre-Lambert
Hinne, Imprimeur des SEIGNEURS DES ETATS de la Province de Namur |
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TOUT FRAIS
Georges Simenon |
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C'EST PAS SORCIER
Si vous n'êtes
pas capable d'un peu de sorcellerie,
ce n'est pas la peine de vous mêler de cuisiner.
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Colette |
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