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 RAPWÈTEROÛLES

Lès-årtikes sont scrît' è lingadje di l'ôteûr.
Lès tites sont dèl rédaccion

Pourquoi faire simple...


C’est semble-t-il bien là ce que fait Claude Delmas en nous livrant sa réflexion sur l’importance du genre auquel appartient le texte dans l’analyse que peut en faire le linguiste. « Fragment d’un discours culinaire » s’intéresse donc tout particulièrement à la facture d’une harmonie co-énonciative reposant sur un pacte linguistique entre une énonciatrice fictive et un lecteur construit que le texte met en scène. Analysant la nature du filtrage sémantique symbolisé par delta, l’auteur fait appel à d’autres éléments de corpus dans d’autres genres de textes. Pour lui, delta « rappelle qu’un élément sémantique ne trouve pas de projection linéaire. [...] N’ayant fait l’objet d’aucune instanciation préalable, cette absence ne signifie pas effacement » [28]. Un exemple probant est ensuite donné, dans lequel les verbes à l’impératif sont précédés d’un delta filtrant l’agent et parfois aussi d’un delta filtrant le patient. Dans le corpus choisi, la plupart des verbes « relèvent des actes caractéristiques de la cuisine » [30], ils sont sémantiquement contraints. En position delta, le sujet de ces verbes assume une double agentivité : celle conférée par son rôle lecteur et celle associée à son rôle agent lors de la mise en acte de la recette de cuisine. Se pose alors la question de savoir si ces impératifs véhiculent un schéma causal-résultatif. L’auteur conclut en soulignant la multiplicité des champs à explorer en marge des principes généraux de la grammaire : syntaxe, sémantique, négociation inter-énonciateurs, pragmatique, sémiotique sont autant d’ingrédients intervenant dans la recette de l’énonciation bien réussie et de la cuisine du sens.

in http://www.cercles.com/review/r21/contrastes.htm
janvier 2006


La bouffe ? Tout dépend du point de vue


L'Europe de l'Ouest ne s'intéresse qu'à la grande bouffe. Elle est sous le joug du poulet, du vin et de l'abstraction.

Hassan II
in Le Figaro-Magazine
5 Février 1984

Le basket, c'est bien ; parce que, vu l'état de la bouffe actuellement, je ne vois pas ce qui nous reste d'autre qu'un ballon à mettre dans un panier.

Laurent Ruquier in Je ne vais pas me gêner

Je bouffe de temps en temps des asticots pour assouvir un sentiment de vengeance par anticipation. Philippe Geluck
in Et vous, chat va ?


On blâma son courage...


A quatre heures, Vatel va partout, il trouve tout endormi. Il rencontre un petit pourvoyeur qui lui apportait seulement deux charges de marée; il lui demanda : "Est-ce là tout ? " Il lui dit : "Oui, Monsieur." Il ne savait pas que Vatel avait envoyé à tous les ports de mer. Il attend quelque temps; les autres pourvoyeurs ne viennent point; sa tête s'échauffait. Il croit qu'il n'y aura pas de marée; il trouve Gourville, et lui dit : "Monsieur, je ne survivrai pas à cet affront-ci; j'ai de l'honneur et de la réputation à perdre." Gourville se moqua de lui; Vatel monte à sa chambre, met son épée contre la porte, et se la passe au travers du cœur, mais ce ne fut qu'au troisième coup, car il s'en donna deux qui n'étaient pas mortels: il tombe mort. La marée cependant arrive de tous côtés; on cherche Vatel pour la distribuer, on va à sa chambre; on heurte, on enfonce la porte; on le trouve noyé dans son sang; on court à M. le Prince, qui fut au désespoir. M. le Duc pleura; c'était sur Vatel que roulait tout son voyage de Bourgogne. M. le Prince le dit au Roi fort tristement : on dit que c'était à force d'avoir de l'honneur à sa manière; on le loua fort, on loua et on blâma son courage...

Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné


Cuisine familiale


Le principal ingrédient pour toute une bonne cuisine familiale est l'amour ; l'amour envers ceux pour qui vous cuisinez.

Sophia Loren

Mais :
Les repas de famille ne consistent pas à se manger entre parents.

Jules Jouy

De toute façon :
Chaque repas que l'on fait est un repas de moins à faire.
Vladimir Jankélévitch

Ce n'est pas une réponse à Colette


La cuisine, c'est quand les choses ont le goût de ce qu'elles sont.

Si le potage avait été aussi chaud que le vin, le vin aussi vieux que la poularde
et la poularde aussi grasse que la maîtresse de maison, cela aurait été presque convenable.

Curnonsky

Savoir inviter ses convives... et savoir les choisir


Mon cher Curnonsky, tu viens dîner dimanche, ça ne fait pas un pli, seulement je tiens à te faire savoir que la douce Juliette est au lit, que c'est Joséphine qui fonctionne assez mal et que le dîner sera probablement médiocre. Tu dois venir, la beauté de Willy, mon esprit doivent te faire oublier la médiocrité du dîner. C'est une question de dévouement, non de gueule.
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A un certain âge, n'admettez que des amis anciens, rassis, modérés, parés de la fidélité qui vient avec l'âge. Car il est bon de traiter l'amitié comme les vins et de se méfier des mélanges.

Colette


...A propos du vin


Manger beaucoup, je ne puis, mais je peux, j'en suis sûr, boire ce qui a robe et capuchon !

Evêque John Still

Vigne, l'homme devient morose
Sans ton vin d'aurore teinté.
Fais-moi revoir la vie en rose.
On la voit jaune dans le thé.

Jean Rameau

Tenez ! Ce petit soleil qui danse là sur le verre, c'est le clin d'œil du vigneron, clin d'œil complice de votre gourmandise dont il n'est pas dupe mais dont il est fier.

Louis Orizet

Cloîtres silencieux où dorment les bouteilles !
Caves, celliers profonds receleurs de trésors,
Que vous ont confié les amis de nos treilles !
Je glisse avec respect en vos corridors.

Albert Couvreur

Ici reposent les fruits de tant de soins : flacons jeunes, lisses, fioles millésimées, habillées lentement d'une fourrure impalpable, grise et blanche comme du duvet.

Colette


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Le thé anglais


Nous descendons au tea-room. C'est une cave claire où sont alignées des tables et des chaises d'une tristesse et d'une laideur inimaginables. C'est plus triste qu'un self-service au petit jour. On pense à Huis-clos. Derrière un gros tea-pot en aluminium tout bosselé, une vieille femme à la voix aigre plonge une louche au manche tordu dans une caissette métallique pleine de thé frais. Ce thé, elle le jette avec rage, dirait-on, dans le tea-pot ; elle empoigne le tea-pot qui décrit dans les airs un périlleux vol plané avant d'atterrir avec fracas sur les grilles d'un antique réchaud à gaz. De temps en temps, cette charmante vieille dame attrape d'un geste tout aussi rageur que les précédents, une autre verseuse en aluminium d'où s'échappe un brûlant jet de vapeur. Elle renverse le bec de la verseuse sur le tea-pot qu'elle emplit à ras du bord ; puis elle vous lance dans les doigts une nice cup of tea de faïence bleutée. Ajoutons que si vous êtes adroit, vous parvenez à arracher des mains d'une autre dame âgée à peu près aussi avenante que la précédente une soucoupe contenant une dizaine de crakers salés ou bien une très mince bande de chester entre deux très minces tranches de pain fade. Le troisième jour du procès du brave petit docteur [Adams], nous découvrîmes que les dames du tea-room, de temps en temps, évacuaient dans un seau le vieux thé usé du tea-pot. Elles attendaient, pour accomplir ce rite, que la litière du thé usé ait absorbé la moitié ou presque du volume utile de la vieille chaudière. A le voir préparer dans de telles conditions, on pouvait éprouver quelque anxiété sur la qualité du breuvage que ces dames nous vendaient. Détrompez-vous ! Ce thé était délicieux, et c'est là peut-être l'un des mystères les plus intéressants qui aient marqué le séjour des chroniqueurs judiciaires français au cœur de cette chère vieille Angleterre.

Frédéric Pottecher, Grands Procès, Moscou : affaire Powers,
Londres : affaire Adams, Jérusalem : affaire Eichmann
, Ed. Arthaud, 1964


Le gourmet


Passer pour un idiot aux yeux des imbéciles est une volupté de fin gourmet.

Rivarol


La table


Dans le pâle rayon de la lune qui monte,
La table bien dressée attend les invités.
Et le faisceau bleuté que le lustre surmonte
Y détache un peu d'ombre en sa limpidité.

Albert Couvreur


Le dîner


Le joli musée qu'un dîner, quand la couleur du vin brille comme la couleur d'un tableau ou quand des plats d'argent sur la table éblouissante, nous donnent en une heure la sensation pleine et directe de ces divers chefs d'œuvre dont le désir de l'un suffit à remplir de charme une heure oisive et d'appétit.

Marcel Proust


Le cuisinier


Un cuisinier quand je dîne
Me semble un être divin,
Qui au fond de sa cuisine
Gouverne le genre humain
Qu'ici bas on le contemple,
Comme un ministre du ciel,
Car sa cuisine est un temple
Dont les fourneaux sont l'autel.

Grimod de la Reynière


La cuisine du bonheur


Lorsque nous étions réunis à table et que la soupière fumait, maman disait parfois "Cessez un instant de boire et de parler".
Nous obéissions. " Regardez-vous " disait-elle doucement.
Nous nous regardions, sans comprendre, amusés.
" C'est pour vous faire penser au bonheur " ajoutait-elle.
Nous n'avions plus envie de rire. " Une maison chaude, du pain sur la nappe, des coudes qui se touchent, voilà le bonheur " répétait-elle à table, puis le repas reprenait tranquillement.
Nous pensions au bonheur qui sortait des plats fumants, qui nous attendait au soleil, dehors, et nous étions heureux.
Papa tournait la tête, comme nous, pour voir le bonheur jusque dans le fond du corridor, en riant, parce qu'il se sentait visé. Il disait à ma mère : " Pourquoi tu nous y fais penser à ce bonheur ? "
Elle répondait : " Pour qu'il reste avec nous, le plus longtemps possible… "

Félix Leclerc in Les pieds nus dans l'aube


La cuisine...


On a écrit un Eloge de la folie et un Eloge de l'ombre, mais qui va se décider à écrire un Eloge de la cuisine, éloge non pas de l'art culinaire, mais du lieu ? C'est un lieu d'alchimie, qui abrite le feu. C'est un lieu où l'on parle, où l'on se dit des vérités, des mensonges, des phrases définitives, des histoires drôles, des choses désagréables et des choses sensées ou insensées. Dans les cuisines ont lieu des scènes d'amour et des scènes de ménage. Je regrette les vieilles et vastes cuisines des fermes, où on vit et où on mange, où on se réfugie et où on se confie. Il y a vingt ans, j'avais pu louer à Capri une grande maison isolée, pleine de chambres, où j'avais invité des amis. Malgré la piscine, la mer, le jardin, on se retrouvait tous ensemble dans la cuisine, à midi, et on discutait pendant des heures, alors qu'il faisait soleil dehors et que la cuisine était plutôt sombre, mais cette cuisine nous attirait, nous hypnotisait, et finalement nous rapprochait.

Maurice Béjart, La Vie de qui ?


2004, Année de la Musique en Wallonie...
La Musique, thème de l'année 2004, nous a valu en ce mois de janvier d'incessants coups de téléphone à la recherche de liens entre cet art et la gastronomie.
Pour votre bonne information, nous ne résistons pas au plaisir de citer :


Jean-Luc Hennig, "Erotique du vin" (Editions Zulma, 2003) :
On appelle « vin à deux oreilles », écrit Furetière, celui qui fait secouer les oreilles de déplaisir, et « vin à une oreille », celui qui fait pencher l’oreille en signe d’approbation. Donc, le vin ne suffit pas du nez et de la langue, il se connaît aussi par l’oreille. Pour un opéra-comique, il faut du champagne, la musique religieuse demande du vin du Rhin ou du jurançon et la musique héroïque ne peut se passer du vin de Bourgogne. Il a la fougue et l’entraînement du patriotisme. Huysmans propose même une « orgue à bouche » permettant de composer selon l’humeur d’intrigants cocktails de saveurs et Boris Vian, dans le même esprit, un « pianocktail », système où chaque note commande à un alcool, une liqueur ou une aromate. La pédale forte correspond à un oeuf battu et la pédale faible à la glace. Pour l’eau de Seltz, il faut un trille dans le genre aigu, et pour la crème fraîche, un sol grave.

Hubert Monteilhet, "Requiem pour une noce" (Ed. Denoël, 1973) :
Qui aura jamais le courage de déclarer : "La Musique est à l'art ce que la bouillie est au gigot, et la meilleure preuve en est que le plus grand des musiciens, Beethoven, était sourd" ?

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Si l'orthographe était meilleure...


La piqure de la migale
lui fut vraiment fatal
à ce pauvre canibale
qui fut cuisiner à la sauce provencale.

G-A.M. - exercice de création d'un poème à partir
de rimes en "ale" - 1ère année cycle secondaire - Wallonie


ANNEE VICTOR HUGO


Rabelais, c'est la Gaule ; et qui dit la Gaule dit aussi la Grèce, car
le sel attique et la bouffonnerie gauloise ont au fond la même saveur
... Son éclat de rire énorme est un des gouffres de l'esprit.

Victor Hugo


DU GOUT...


Il faut donc avoir de l'âme pour avoir du goût.

Vauvenargues, Réflexions et maximes


DE L'ESPRIT...


Les animaux se repaissent ; l'homme mange ; l'homme d'esprit seul sait manger.

Brillat-Savarin, Physiologie du goût


DES DEUX...


Le crachat constituant la représaille instinctive du domestique mécontent, on n'y mange que des crachats accomodés à toutes les sauces, et le repas qui vous est offert manque au premier de ses devoirs : la variété des mets.

Georges Courteline, La philosophie de Georges Courteline


ET DU BON SENS...


Marèye-Èli qui féve dès vôtes
Mahîve consincieûsemint s'lawèt...
"Vos f'rez magnåhe avou nos-ôtes"
Dit-st-èle a m' camaråde Françwès.
Mins nosse Françwès qu'a dèl métôde,
Ni sét s'i deût rèsponde "Awè";
Ca d'pôye on moumint noste apôte
È-st-an trin dè bwèrgnî 'ne saqwè.
C'è-st-ine glêriante gote qui barloke
Al narène da Marèye-Èli,
Qui mahe qui po mèye assoti.
Et mågré qu'il a l'êwe al boke
Françwès rèspond : "Po dècîder,
Fåt vèy wice qui l' gote va toumer !"

Marcel David, in Revue trimestrielle La Wallonne n°2/2001


A(h) LA SOUPE !


Je vis de bonne soupe, et non de beau langage. ............................................Molière
Mieux vaut pas de cuillère que pas de soupe.
...............................Proverbe allemand
On ne peut faire une bonne soupe qu'avec le meilleur de son coeur.
..............Beethoven
Le bouillon est une nourriture saine, légère, succulente et qui convient
à tout le monde. Il réjouit l'estomac, il le dispose à recevoir et à digérer
...Brillat-Savarin
La soupe et le poisson expliquent la moitié des émotions de notre vie.
.....Sydney Smith
La soupe du soir : magnifique...
........................................................Lewis Carroll
Entre la soupe et l'amour, la première est la meilleure.
..........Vieux proverbe espagnol
La soupe tranquillise le coeur, apaise la violence de la faim,
élimine les tensions de la journée, réveille et aiguise l'appétit.
..........Auguste Escoffier

in "Flash", décembre 2002


QUESTION D'OPTIQUE


Mon verre n'est pas grand, mais je bois dans mon verre. .................Alfred de Musset
Mon verre est petit, mais je ne veux pas que vous buviez dedans.
...........Jules Renard

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Il est terrible le petit bruit de l'oeuf dur sur le comptoir d'étain.

Jacques Prévert


PRECISION


Ventre affamé n'a point d'oreilles. ...........................................Jean de la Fontaine
Ventre affamé n'a point d'oreille, mais il a un sacré nez !
................... Alphonse Allais

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IN "MENSUEL LITTERAIRE ET POETIQUE" N°296

Café

Un soir de novembre,
un peu de vin,
un irrépressible désir
de briser l'une des vitres
de l'immeuble d'en face
- n'importe laquelle...

Mais il pleut.
Le gosier vous brûle.
A la table d'en face
les mangeurs de viande
exhibent des oreilles bizarres.

On voudrait rire.
A la surface du vin flottent des cils.
Ah, traverser la rue sous la pluie
pour briser l'une des vitres
de l'immeuble d'en face...
- mais le désir s'émousse et devient maîtrisable.

Corps inerte

Dans l'ombre immobile
il m'a semblé découvrir
tout à coup comment vivre
sans langue, sans désir,
corps inerte
- à l'instar de ce verre
d'eau minérale
qui garde le silence
comme lorsqu'il était vide.

Mes mains tremblent
tellement le verre est silencieux
- dans l'ombre immobile,
il m'a semblé découvrir tout à coup
comment vivre sans rien
dire ni désirer

Corps inerte

Mes mains tremblent
- tellement que s'est brisé
le verre d'eau
minérale.

Mariné Pétrossian, poète arménien, traduit par Vahé Godel


ASSURANCETOURIX :


- les femmes bardes, ça existe, non ?
- Non Madame ! Une barde, ça n’existe pas, ou alors c’est une tranche de lard.”

R. Goscinny & A. Uderzo, Astérix, la rose et le glaive


FAITE SOI-MEME


Tiens, Louis, prends encore une petite cuiller de mayonnaise, tu n'en trouveras pas beaucoup de la pareille, faite à la maison. Tu iras loin pour en trouver. Ah, j'étais aussi maigre quand j'étais jeune. Et aussi toujours à lire des livres, comme toi. Mais qu'est-ce que tu veux, c'est la vie qui commande.
Qu'est-ce que tu en penses, de ma mayonnaise ? Faite moi-même, hein, car notre Monique ne peut pas y toucher quand elle a ses affaires, ça fait tourner la mayonnaise, retiens ça. Enfin, tu es encore jeune, qu'est-ce que connais à la mayonnaise ?
- Que ce mot vient de Mahon.
- Mahon ?
- Capitale de Minorque.
- Tiens, qui aurait cru ça ?

Hugo Claus, Le chagrin des Belges


BON DIEU...


Cerise :
celui qui a mis la queue aux cerises : se dit en Suisse (région de Fribourg) pour parler de Dieu. Le système astucieux qui a consisté à réunir les cerises en bouquets par leurs queues (comment s'y prendrait-on autrement pour faire des boucles d'oreilles ?) appartient à la catégorie des petites choses propres à faire croire à l'existence de Dieu, comme la division du melon en tranches ou la longueur du cou de la girafe.

Colette Guillemard


MAIS AUJOURD'HUI ?


Chez des amis, j'ai mangé récemment des écrevisses pêchées en Belgique. Je croyais qu'elles avaient définitivement disparu. (R. Horne, d'Ostende)

A Liège, où la Meuse est très polluée, on mit à sec, en 1969, l'ancien bassin des yachts en face de l'Evêché. L'équipe de l'Université de Liège, chargée de la récupération des poissons, eut la stupéfaction de recueillir dans la vase une quantité d'écrevisses énormes dont on ne soupçonnait même pas l'existence en Meuse.
Les écrevisses n'ont donc pas totalement disparu.

in Le Guide des Connaisseurs n° 23 mars-mai 1973


SAUF BONNE FAIM


Tout a une fin sauf le saucisson qui en a deux.

Citation danoise et titre d'un livre de Sophie Roche, Ed. Albin Michel,
in L'Eventail n°5, juin-juillet-août 2001


CARAMBA !


Contrairement à l'information parue en page 3 du "Living Kitchen" distribué fin mars (sic), le bouton d'or n'est pas comestible et ne peut en aucun cas être utilisé dans une préparation culinaire, même en guise de décoration dans des glaçons. Solo prie l'ensemble de ses lecteurs de bien vouloir l'excuser pour cette regrettable erreur et leur offre ce dépliant consacré aux nouveautés culinaires de l'été. Si vous avez la moindre question, n'hésitez pas à appeler la ligne d'information au 078/15 22 00 (tous les jours ouvrables, de 9h à 17h) ou à envoyer un e-mail à l'adresse : reactionlivingkitchen@karamba.be

Dans un feuillet publicitaire toute-boîte : "Living Kitchen. La cuisine contemporaine vue par Solo", distribué par la firme Solo (margarine) à Hermalle-sous-Huy dans la 2e quinzaine de mai 2001


SAINT SAINT SAINT


ARTICLE 1 : La gourmandise est-elle un péché ?

Objections : 1. Il ne semble pas.
Car le Seigneur dit en S. Matthieu (15,11) : "Ce n'est pas ce qui entre dans la bouche qui rend l'homme impur." Or la gourmandise concerne les nourritures qui entrent dans l'homme. Puisque tout péché souille l'homme, il semble donc que la gourmandise ne soit pas un péché.
2. Personne ne pèche en ce qui est inévitable. Or la gourmandise est un manque de modération en matière de nourriture que l'homme ne peut éviter. S. Grégoire dit en effet : "Dans l'action de manger, le plaisir se mêle tellement à la nécessité qu'on ne sait pas ce qui est demandé par l'une ou par l'autre." Et S. Augustin : "Seigneur ! Qui donc n'a pas pris de nourriture en sortant un peu des bornes du nécessaire ?"
3. En toute espèce de péché le premier mouvement est déjà un péché. Or le premier mouvement qui conduit à prendre de la nourriture n'est pas un péché, autrement la faim et la soif seraient des péchés.
En sens contraire, S. Grégoire recommande de "ne pas nous lever pour livrer le combat spirituel sans avoir auparavant dompté l'ennemi qui se trouve en nous-même, c'est-à-dire l'appétit de gourmandise". Or l'ennemi intérieur de l'homme, c'est le péché.
La gourmandise est donc un péché.

ARTICLE 2 : La gourmandise est-elle un péché mortel ?

Objections : 1. Non, semble-t-il.
(...) La gourmandise est donc un péché mortel.

ARTICLE 3 : La gourmandise est-elle le plus grand des péchés ?

Objections : 1. Il semble bien.
(...) En sens contraire, les vices de la chair, parmi lesquels on compte la gourmandise, sont peu coupables, selon S. Grégoire.

ARTICLE 4 : Les espèces de la gourmandise
[etc...]

Somme Théologique IIa-IIae QUESTION 148 : LA GOURMANDISE in http://www.tradere.org/biblio/thomas/som8/som80008.htm


SEIN SEIN SEIN


Les adultes ont accès à mille sortes de voluptés, mais pour les enfançons, il n'y a que la gourmandise qui puisse ouvrir les portes de la délectation.

Amélie Nothomb, Métaphysique des tubes


...ET DE LA FEMME


La gourmandise est l'apanage exclusif de l'homme.

Anthelme Brillat-Savarin


LE GOUT DU VRAI


La gourmandise dans le mensonge finit souvent par suggérer la saveur réelle des choses.

Marie-Claire Blais, La belle bête


ECHECS ET MATH


... Cette idée de la multiplication du grain initial, on la retrouve dans une célèbre anecdote rapportée par Marc Doudon. [Histoires de plantes glanées à travers mythes, légendes et traditions, Paris, Ed. Missions et développement, 1986]
Un brahmane, ou prêtre hindou, présente à un prince le jeu qu'il a inventé : l'échiquier; celui-ci est émerveillé par l'abondance des combinaisons offertes et tient à remercier le brahmane. Pas sot, le brahmane : il se contentera d'une quantité de blé égale à la somme des grains obtenus en mettant un grain sur la première case, deux sur la seconde, quatre sur la troisième, huit sur la quatrième, etc. Le prince accepte d'emblée, d'autant qu'il est très riche et que ses greniers regorgent de blé. Comment pouvait-il imaginer jusqu'où allait l'emmener une telle progression géométrique ? Dès la 38e case, il devait déjà déposer six mille tonnes de blé; et quand il arriva à la dernière, la 64e, le malheureux donateur n'en crut pas ses oreilles lorsqu'il entendit le résultat des calculs du brahmane : le total de l'échiquier atteignait huit cent milliards de tonnes, soit la production mondiale de blé pendant trois mille ans.

Jean-Marie Pelt, Au fond de mon jardin


SOS


Comme le cigare, nulle chose ne doit être connue à ses cendres.

de ??


LAUS GB


Les caddies remplacent avantageusement les prie-Dieu dont ils épousent d'ailleurs la forme.

Jean-Marie Pelt, Au fond de mon jardin


DANS LE FEU DE L'ACTION ?


What's cooking ?
Expression utilisée dans la marine américaine et signifiant "Comment ça va ? Qu'y a-t-il de neuf ?"

Ray Lasure, in Maintenant, fermez la fenêtre, Paris, Librairie des Champs Elysées, EO 1054 (reprint 1969)


QUESTION D'ESTOMAC


La littérature à l'estomac.
Entre mon gîte et la Bibliothèque nationale, je suis souvent saisie d'une fringale irrépressible. On a beau dire, les nourritures intellectuelles ne sauraient remplacer le boire et le manger. Quand le corps crie famine et que les leitmotive de la faim surgissent continûment, ce n'est la lecture ni de Racine, ni de La Fontaine, ni de Chateaubriand, qui peut apaiser une poche stomacale rendue exiguë par le jeûne et l'abstinence.
Quel martyre que de devoir, à jeun, lire des récits de pique-niques extra, de lippées sublimes et d'agapes excellemment arrosées ! Les festins littéraires font saliver et endêver les futurs agrégés sans le sou. Je me rappelle les goûters de mon enfance, quand mon père me rangeait parmi les fanatiques de la fourchette, les ogresses et les sybarites. Puis le temps des vaches maigres est arrivé.
[fin pour les juniors]
Aujourd'hui, je suis parfois si obsédée par la faim que, penchée sur les trésors de la Bibliothèque nationale, je les confonds avec ceux de la gastronomie : manuscrits médiévaux et fricandeaux, palimpsestes minoens et courts-bouillons, in-folio et sot-l'y-laisse, ainsi que les culs-de-lampe historiés et les cancoillottes très parfumées, les incunables et les pets-de-nonne, les petits livres et les petits-beurre.
Ecrirai-je un jour l'autobiographie qui, dût-il m'en coûter, retracera la route qu'on m'avait assuré être la plus facile, racontera ma jeunesse qui s'est tantôt cherchée, tantôt fuie, qui eût aimé s'empiffrer, qui s'est défendu de souffrir, qui s'est révoltée, et dont les privations ont exhaussé mon âme ?

Dictée lue par Bernard Pivot, célèbre animateur d'émission littéraire français, à la finale des Championnats du monde d'orthographe de langue française, Paris, samedi 2 décembre 1989.


SATIE A LA MERE DE JEAN COCTEAU :


"Dites à Germaine Tailleferre [conmpositrice du groupe des Six] que
Ravel - son Dieu - est un veau et mal cuit encore ! "

in "Correspondance presque complète par Erik Satie".
Réunie et présentée par Ornella Volta, Fayard/Imec, 2001


CE N'EST PAS DE PIERRE TOMBAL...


Quel brasseur a dit :
"Quand on met le Belge en bière, il sort du tombeau" ?
.....................................................................(snameleiW noéL)

in le Jeu "La Belgique infernale", de Jean-Paul Deleixhe et Christian Libens,
avec la collaboration de Jacques Mercier. Bruxelles, Ed. Labor, 1999


DIRECTION DE COCKERILL, OCTOBRE 1997 :


Il faut que les appointés et cadres soient davantage impliqués.
Qu'est-ce à dire ?
Exemple :
..........................Dans l'omelette au lard, il y a deux composants :
..........................La Poule et le Cochon.
..........................La Poule est concernée,
..........................Le Cochon est impliqué.

Cette citation nous a été rapportée par un des cadres "impliqués".
D'après (?) une citation de John Cockerill.


AVANT LA VACHE FOLLE !


L'homme est bon, mais le veau est meilleur.

Bertold Brecht


28 SEPTEMBRE 1757


AVIS AU PUBLIC.

LES SEIGNEURS DEPUTE'S DES TROIS MEMBRES DE L'ETAT du pays & Comté de Namur, informent tous & un chacun , qu'en vertu du Décret du Conseil des Domaines & Finances de SA MAJESTE' L'IMPERATRICE REINE , du 22. du présent Mois , rélatif à celui de SON EXCELLENCE du 20. précédent , il est permis aux Habitans de cette Province, de distiller des Eaux-de-vie de Grain ; bien entendu cependant que sous ce prétexte , lesdits Habitans ne pouront acheter les Grains servans à cet éffet , qu'aux Marchés publics en conformité des Placards.
Fait en l'Assemblée tenuë le 28. Septembre 1757.
PAR ORDONNANCE.`
DAN. MICHAULT prémier Official
pour l'absence du Greffier.

A NAMUR, chez Pierre-Lambert Hinne, Imprimeur des SEIGNEURS DES ETATS de la Province de Namur


TOUT FRAIS


On mange son passé.

Georges Simenon


C'EST PAS SORCIER


Si vous n'êtes pas capable d'un peu de sorcellerie,
ce n'est pas la peine de vous mêler de cuisiner.

Colette

 Asbl Syndicat d'Initiative d'Hermalle-sous-Huy (La Rawète)
dans la Ferme Castrale d'Hermalle-sous-Huy

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