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TITRE, SUJET
CHRISTIAN OTTE
Le peintre de l'homme,
des vaches et des pommes
mise en ligne 01/08/2004
Né en 1943, ce Maître
du dessin, professeur au niveau supérieur de l'Académie
des Beaux-Arts de Liège, habitue d'abord son public à
la rigueur, la puissance de son trait qui, comme le scalpel,
incise le blanc du papier. Avec le dessin, pas de tricherie,
pas d'artifice ; il faut rendre, dans toutes leurs vérités
anatomiques, la vie des hommes et des choses.
Otte refuse l'effet gratuit,
frappe dur et juste.
"Le dessin est le premier
des langages.
Alors que les premières gesticulations expressives de
l'enfant sont perdues à jamais dans l'espace, leurs premières
traces de doigt sur la buée des vitres, dans le sable
sont vécues comme un moment magique, comme une première
et dérisoire victoire contre le temps, une trace de leurs
sentiments dans la matière. A la maternelle, le dessin
est roi (
) hélas le couperet tombe dès l'entrée
en primaire (
)
Mon rôle consiste à aider (mes élèves)
à retrouver la confiance en leur propre langage pour que
puisse se rétablir la connexion entre eux-mêmes
et la trace de leurs gestes, pour que leur dessins redeviennent
porteurs de leurs sentiments.
C'est donc surtout à une école de l'attention,
de la curiosité que je les invite.
C'est l'attention, l'approfondissement des choses qui, entre
autres, différencie les hommes. Entre la bêtise,
l'intelligence, le talent, le génie, il n'y a qu'une différence
d'attention, de volonté de comprendre (
) "
(Extrait de la revue Mar a berto)
Otte " entre en peinture
" tardivement, poussé par une impérieuse nécessité.
Ce graphiste talentueux pour qui " toute beauté
est d'abord vérité " mène alors
littéralement combat avec la couleur qui lui était
étrangère et atteint la maturité d'un peintre
maîtrisant son métier tant sur le plan de la forme
que sur celui des thèmes puisés dans la vie de
tous les jours : cauchemars, scènes de nuit dans les bistrots,
foule ou gens solitaires.
Mais
"Longtemps ma peinture a exprimé mon rapport en
distorsion avec l'être humain, cette créature autant
haïssable qu'admirable, repoussante qu'attirante, effroyable
qu'adorable, dans ses comportements et aspirations. Depuis deux
ans, 1996 je me suis lassé de l'homme et de sa représentation
alors que naissait en moi une tendresse pour l'animal vache.
Y ai-je pressenti une métaphore d'une large frange de
l'humanité ? (
) Serait-ce ce qu'est devenu mon regard
d'enfant après cinquante années parmi les hommes
? "
"La vache donne tout,
on lui prend tout, elle est pacifique à en mourir - son
regard révèle une infinie tristesse, une profonde
nostalgie d'un paradis perdu, de l'époque lointaine, quand,
gazelle, elle courait dans les herbages aux larges horizons,
avant le temps des hommes. "
En 1997, Le Musée de
la Gourmandise accueille une première fois Christian Otte
à la Ferme castrale avec " Les Vaches ou le Paradis
perdu ", dans le cadre de Couleurs en Val mosan.
"En vingt-et-un panneaux
sagement alignés, nous passons en revue des vaches, rien
que des vaches, en marche ou au repos, solitaires ou en troupeau,
broutant ou s'abreuvant, meuglant ou abîmées dans
le silence de la contemplation, et notre cur se serre en
les voyant finalement pendues en sanglantes portions au crochet
du chevilleur "
(Jacques Henrard).

Après la vache,
et avant de retrouver l'homme trois
ans plus tard, c'est la pomme qui interpelle le peintre !
Non pas la pomme du chenet, ni celle d'arrosoir, ni les pomme-cannelle,
pomme de pin, de terre, d'amour ou de discorde, ni même
la pomme d'Adam
ou celle d'Eve, pauvre pomme chargée
de tous les péchés du monde alors que le fruit
défendu au paradis terrestre semble plutôt avoir
été la figue !
Non. Simplement ce délicieux fruit du pommier, d'autant
plus savoureux lorsqu'il est cueilli à la dérobée,
qu'il soit " pomme à couteau " - à consommer
cru ou cuit - ou " pomme à cidre " - à
transformer en nectar
Quant à savoir ce que
la pomme représente pour Christian Otte
Il vous
faudra visiter le Musée de la Gourmandise qui se réjouit
d'exposer pour la seconde fois les toiles d'un artiste sensible,
généreux et combien talentueux que Jacques Stiennon,
professeur émérite à l'Université
de Liège place (dans son analyse Les arts plastiques)
dans la longue lignée des artistes wallons et parmi les
membres de la "jeune génération" des
Belges, avec Joëlle Calembert, Yves Bage, Philippe Beaugnet,
Richard Martin, Bernard Lorge, Alain Denis, Michel Moffarts,
"porteurs d'espoir grâce à leur pouvoir
d'invention, de suggestion."

L'exposition "Pom Pomme Pommes" se déroule du
7 août au 5 septembre 2004
au Musée de la Gourmandise,
dans la Ferme castrale d'Hermalle-sous-Huy.
Christian Otte travaille et
enseigne à Liège, a fréquemment exposé,
participé à "Itinéraire d'artistes"
en permettant au public de découvrir son atelier ; il
collabore aussi à la création de livres - notamment
Apollinaire & Cie, une coédition de l'Abbaye de Stavelot
et des Éditions Luc Pire, où 25 écrivains
et 17 plasticiens de plusieurs nationalités se sont inspirés
de vers ou de phrases du Mal Aimé pour nous offrir un
florilège de créations en l'honneur d'un des plus
grands poètes du XXe siècle.
Christian Otte est
décédé à Liège
le lundi 12 septembre 2005. |
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