CLEFS
fer à repasser -
repassoir - lissoir - calandre - carreau / presse - pressing
- paillage / pressophile / fonderie / Huy / Nestor Martin - Nestor
Porta - Union Métallurgique |
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TITRE, SUJET
"REPAS &
REPASSAGE"
( Anne Jacquemin et
Nicole Hanot )
3 mai 2002
L'art de la table est indissolublement lié au repassage
du linge. Nappes, serviettes, torchons, tabliers et bonnets de
service, tenue vestimentaire des hôtes comme des domestiques,
se devaient - et se doivent toujours - d'être impeccables.
Il nous a donc semblé logique, dans une approche "élargie"
de la gastronomie, de nous intéresser aux repassoirs.
Les fers d'aujourd'hui,
légers, pratiques et performants, sont les descendants
d'outils peu maniables, lourds, voire dangereux.
Plus de 200 de ces ancêtres furent exposés au Musée
de la Gourmandise du 30 mars au 28 avril 2002, permettant
d'apprécier la diversité des méthodes, des
formes et des matières, et d'imaginer l'un des plus pénibles
labeurs féminins.
Madeleine Goffin, que nous remercions toujours vivement, guida
nos visiteurs dans cette exposition "Repas et repassage"
et fut interviewée par Anne Jacquemin pour le journal
belge "Vers l'Avenir".
Nous reproduisons ci-après ces articles, avec l'aimable
autorisation de Monsieur JC. Fyon, directeur de la publication
des Editions de L'Avenir.
Les illustrations sont nôtres. |
Dessin BMG de l'affiche "Repas et repassage" |
La préparation de cette exposition fut riche en surprises.
Comme tout un chacun, nous repassons avec un fer à vapeur
ou une presse, et avons vu notre grand-mère jadis repasser
avec des fers de fonte, chauffés sur le poêle. Comme
beaucoup nous avons admiré ci et là des fers anciens
et des repose-fers ouvragés. Nous ignorions cependant
bien des choses...
Emile Zola, dans L'Assommoir - lu il y a pas mal d'années
-, nous avait imprégné de la moiteur et des senteurs
parfois nauséabondes d'un atelier de blanchisseuse.
Ses notes d'enquête préparatoires sont plus qu'intéressantes.
On y trouve
notamment une liste des fers utilisés par les blanchisseuses
à Paris, au XIXe s., et des descriptions de linge et de
repassage :
(...) La mécanique,
un poêle chauffé au coke, avec un appareil pour
faire chauffer les fers. Le tuyau. Très chaud dans la
boutique.
Les fers : le polonais, un petit fer rond des deux bouts, pour
les fonds de bonnet; les coqs, toutes grosseurs, deux oeufs de
fer au bout d'un manche, coq rond, coq long, pour bouillonner
et faire les fronces; les fers à tuyauter, ou mécaniques,
toutes grandeurs; les champignons, ou pieds à manche,
en forme oblongue ou en forme longue, des ronds ou des ovales,
de bois recouverts de laine, et montés sur un pied. La
planche à robe, allongée, allant en se rétrécissant,
les fils de laiton sur lesquels on étend le linge. (...)
(...) Une terrine pour l'amidon. On délaie l'amidon peu
à peu, et un peu de bleu. On le garde jusqu'au bout, quelquefois
il sent mauvais.
L'amidon de délaie. On trempe tout dedans. Amidon cuit
tourné jusqu'à ce qu'il bouille. Bout de bougie.
Le linge pas amidonné se mouille avec des gouttes. On
prépare deux ou trois heures auparavant. Dans un panier
sous la table, garni d'un linge. Le mouillon, assiette creuse
pleine d'eau très propre. On frotte les parties salies
en repassant, ou un faux pli fait. Lisser les placards d'amidon.
Une petite brosse, même usage que le mouillon.
Bonnet, tout trempé dans l'amidon, fond avec le polonais
sur la table. La passe avec bouillonné, un petit coq oblong
posé sur un pied. On commence par ébaucher, on
détire la dentelle à la main, petit coup de fer
pas chaud; puis les brides à plat, le fond, et la passe,
et le tuyauté sur le champignon, ou on le roule. (...)
|

Foyer de repasseuse, poêle
à 6 fers, fonte, XIXe s. Photo BMG |

De gauche à droite :
fer polonais, fer "coq", fer à tuyauter. Photo
BMG. |
Les notes concernant
le repassage d'une chemise d'homme sont très complètes
et l'on comprend mieux à leur lecture que tant de femmes
connaissent le désamour de ce travail :
Chemise d'homme
à petits plis. Poche sur le devant, on repasse l'empiècement,
ou pièce des épaules; puis les manches sur les
côtés; puis on plie le dos en deux et on repasse
des deux côtés; puis les poignets et le col à
l'amidon, fer très chaud; puis la chemise sur le dos,
on relève le pan de devant et on repasse par l'ouverture
de la poitrine et par le pan, on fait cinq ou six grands plis
à plat; puis le corps du devant, la bannière, plis
devant; on met une laine sous le devant, on repasse le devant
sur la laine, le côté droit, puis le côté
gauche; puis on la plie au fer. (...)
|
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Ci-dessus : Pliage de la chemise
A gauche : chemise d'homme,
avec col et poignets, pan arrière dépassant. |
... d'autant que,
proportionnellement, ce travail était peu rémunéré
:
(...) Et, pendant
que la blanchisseuse vidait son panier, posant le linge sur le
lit, la vieille femme fit son éloge : elle ne brûlait
pas les pièces, ne les déchirait pas comme tant
d'autres, n'arrachait pas les boutons avec le fer; seulement
elle mettait trop de bleu et amidonnait trop les devants de chemise.
"Tenez, c'est du carton, reprit-elle en faisant craquer
un devant de chemise. Mon fils ne se plaint pas, mais ça
lui coupe le cou... Demain, il aura le cou en sang, quand nous
reviendrons de Vincennes.
- Non ne dites pas ça ! s'écria Gervaise désolée.
Les chemises pour s'habiller doivent être un peu raides
si l'on ne veut pas avoir un chiffon sur le corps.(...)
"Oh ! je n'attaque pas votre travail, vous travaillez dans
la perfectioçn, je le sais, dit Mme Goujet. Ainsi, voilà
un bonnet qui est perlé. Il n'y a que vous pour faire
ressortir les broderies comme ça. Et les tuyautés
sont d'un suivi ! Allez, je reconnais votre main tout de suite.
Quand vous donnez seulement un torchon à une ouvrière,
ça se voit... N'est-ce pas ? vous mettrez un peu moins
d'amidon, voilà tout ! Goujet ne tient pas à avoir
l'air d'un monsieur."
Cependant, elle avait pris le livre et effaçait les pièces
d'un trait de plume. Tout y était bien. Quand elles réglèrent,
elle vit que Gervaise lui comptait un bonnet six sous; elle se
récria, mais elle dut convenir qu'elle n'était
vraiment pas chère pour le courant; non, les chemises
d'hommes cinq sous, les pantalons de femme quatre sous, les taies
d'oreiller un sou et demi, les tabliers un sou, ce n'était
pas cher, attendu que bien des blanchisseuses prenaient deux
liards ou même un sou de plus pour toutes ces pièces.
(...)
...................................................................................Extrait de L'Assommoir.
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Nous avons
appris ailleurs, entre autres, et en vrac :
Au XIXe s. les chemises "de tous les jours" avaient
une simple encolure arrondie, pourvue de boutons, à laquelle
on ajustait le "faux-col" garni de boutonnières,
très fortement amidonné, sorte de carcan qui donnait
souvent l'air méprisant à celui qui le portait
(d'où l'expression "collet monté").
Pour glacer les cols, on les amidonnait au borate de sodium mélangé
à de l'amidon de riz en cristaux et qu'on enduisait la
semelle du fer avec de la cire d'abeille.
Cet usage permettait d'avoir toujours l'air impeccable, et de
laver ... et repasser... moins fréquemment la chemise.
A droite, en haut :
Différents modèles de faux cols
En dessous : Fer à glacer les cols.Photo BMG. |
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En cadeau de mariage, on pouvait
offrir une paire de fers, l'un des ustensiles étant gravé
au nom de l'épouse et l'autre... au nom du mari.
A gauche : un fer de mariage, fonte et bois, sur son support
en laiton, XIXe s. Photo BMG. |
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Certains fers, à poignée
démontable, se vendaient avec une poignée et...
trois semelles : |
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En Chine, la soie se repassait
sans contact avec le tissu tenu par deux aides (à l'aide
d'une cassolette remplie de sable brûlant promenée
à 2-3 cm. de distance de la surface)
A gauche : cassolette, Chine, XVIIIe s. Photo BMG. |
Les fers pour tailleurs, dits
"carreaux", peuvent facilement dépasser 10 kg.
Ils étaient directement placés dans le foyer ce
qui impliquait le nettoyage de la semelle avant chaque utilisation.
Ci-contre : "Carreau" de +/- 6500 gr, à manche
amovible, fonte et bois. Photo BMG. |
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2 types de fers pour le petit plissage du tissu.
En haut : sur support en laiton
En bas : fer à plisser, fonte, USA, XIXe s.
Photo BMG.
Notons que le repassage d'une coiffe de dentelle plissée
comme le "capot marend" (France) prenait huit heures
de travail : il fallait d'abord effectuer le paillage (plisser
la dentelle à l'aide de brins de paille jadis, de fines
tiges d'acier aujourd'hui), puis ajuster les motifs pour qu'ils
soient bien alignés, repasser avec un linge humide et
laisser refroidir avant de retirer les tiges...
Il ne resterait actuellement que 2 ou 3 repasseuses capables
d'un tel travail. |
Avec ce fer-ci (laiton et manche en bois) :
on repassait...
les chaussures de peau fine
(le pied étant déjà chaussé) !
Photo BMG. |
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Et puis, on repassait parfois
avec le pied...
La main guide le mouvement, le pied (posé sur un bloc
de bois qui l'isole du fer) effectue la pression. |
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Il était vivement conseillé aux jeunes filles d'enjoliver
tous les ustensiles de repassage pour qu'elles prennent, "avec
l'habitude de l'ordre, un certain plaisir à accomplir
cette besogne" :
Le panier
à linge fin, en forme de carré long, (rectangle?)
en osier et garni d'un couvercle; Le devant et les côtés
sont garnis d'explications, avec des poches de toile bleu foncé
doublées de basane grise, disponibles sur demande, à
contenir les dentelles, les fers à gaufrer, etc.
La couverture à repasser n°1 : En feutre blanc,
Sa longueur est de 80 cm, sa largeur de 58 cm.
Son contour est garni de deux tours faits au crochet.
Pour chaque tour on fait, sur le bord de la couverture, une maille
simple en piquant le crochet à 1/2 cm de distance de ce
bord, - 5 mailles en l'air. Les mailles simples et les courbes
des 2 tours, composées de mailles en l'air faites avec
le coton rouge et le coton bleu employés en se contrariant.
On retourne l'ouvrage pour faire le second tour. La bordure est
exécutée en broderie Renaissance, en coton bleu
et coton rouge, sans envers.
La couverture à repasser n°2 : Mêmes
dimensions que la précédente. En toile.
A 1/2 cm de distance du contour, et, piquant toujours le crochet
dans cette ligne vide, on fait avec du coton rouge, en enserrant
le bord, 1 maille simple, 4 mailles en l'air, une maille simple
à intervalles de 3/4 de cm. Les points se rattachant à
cet encadrement sont fait en broderie avec du coton bleu.
Cordelette : Point noué. On emploie du coton à
tricoter n° 2.
On exécute des noeuds de frivolité (bouclette de
feston de haut en bas puis de bas en haut) sur douze brins que
l'on recouvre de cette façon.
La frivolité se compose de noeuds et de picots qui forment
tantôt des ronds, tantôt des demi-cercles; le placement
varié de ces figures produits différents dessins.
Les Italiens appellent la frivolité "occhi",
et les Orientaux "makouk" nom de la navette utilisée
pour sa confection.
Sac pour cordelette : En toile bleue avec bandes brodées.
On prend un morceau de toile de 60 cm de longueur, 51 cm de largeur,
on assemble ses côtés longs à l'envers.
Sur le milieu du devant à 26 cm de chaque extrémité,
on fait une fente dont on borde le contour avec un ruban de fil
ayant 2 cm 1/2 de largeur, orné d'une couture en croix
faite avec du coton bleu, et de point-chainette en coton rouge.
On fixe ce ruban par un feston en coton rouge. Sur le milieu
du sac, sur l'un des côtés longs on pose un anneau
de cuivre de 3 cm de diamètre, qui a été
recouvert de gros coton blanc, puis garni de deux tours au crochet.
(1er tour: Coton bleu. Alternativement, 3 mailles simples sur
l'anneaux, 3 mailles en l'air. 2e tour: Coton rouge. 7 mailles
simples sur chaque courbes de maille en l'air du tour précédent.)
On attache à l'anneau une patte de 30 cm de longueur que
lon orne d'un cordon de fil de 2 cm 1/2 de largeur, brodé
en coton rouge et coton bleu. A chaque bout le sac est orné
de bandes de 22 cm de largeur, brodées comme celles des
poches du panier.
On coud ensemble les extrémités du sac.
Poignée du fer à repasser : On l'attache
aux vis garnissant la poignée du fer.
On coupe deux morceaux de toile entiers chacun (d'après
la figure 27 de la planche de patrons qui représente seulement
la moitié de l'un de ces morceaux). On garnit l'intérieur
avec du crin, on capitonne avec de petites houppes de laine rouge;
on encadre avec un cordon de fil brodé en coton bleu au
milieu, coton rouge sur chaque bord. Dans les creux on fixe des
rubans de laine bleue et, sur le côté opposé,
on fait des boutonnières dans lesquelles on passe ces
rubans pour fixer la poignée.
Tapis pour essuyer le fer à repasser : On l'exécute
avec de la ficelle en pelote.
Travail noué (macramé). Large de 15 cm, et long
de 30 cm. On fait ce petit tapis dans le sens transversal, en
prenant un morceau de ficelle ayant 30 cm de long.
Sur les 15 cm du milieu de ce morceau on attache, à intervalles
rapprochés, 25 morceaux de ficelle ayant chacun 1 mètre
1/2 de longueur, repliés à moitié de leur
longueur - explications envoyées à celles qui m'en
feront la demande.
Celles de nos abonnées qui préféreraient
se dispenser du travail noué peuvent exécuter ce
petit tapis au crochet avec de la ficelle.
.............................................................................Extraits de La Mode
illustrée.
|
Le présent article est exempt de nostalgie : nous préférons
de loin nos modes de repassages.
Nous sommes cependant très heureux que d'aucuns se passionnent
pour des outils obsolètes.
D'aucuns, comme
Madeleine Goffin,
La dame de fer... à repasser - Anne
Jacquemin, in Vers L'Avenir, 12 avril 2002
Ses fers à repasser auront conduit Madeleine bien plus
loin que le bout de sa planche. Rencontre avec cette Marchinoise
passionnée.
Passionnée par les fers à repasser, Madeleine ?
Ça, c'est inévitable !
Cette Marchinoise [Marchin, Wallonie, Belgique] possède
une fameuse collection de fers à repasser.
"J'en ai environ 650, confie-telle. Il y en a
partout dans la maison, dans le living, sur le palier... mais
pas dans les chambres ! Ah, là, non, pas question, je
n'en veux pas un seul !"
Une collection de fers à repasser, en voilà une
idée ! Et pourquoi pas ?
"Avec mon époux, nous vendions des bonbonnes et
des foyers à pétrole. Nous allions rechercher,
à domicile, de vieux poêles et des vieilles cuisinières.
Sur et dans les poêles, se trouvaient très souvent
des fers à repasser. Je les nettoyais et les entretenais
pour pouvoir les conserver en bon état."
Mais cela ne nous explique toujours pas cet intérêt
pour les fers à repasser.
"J'avais l'impression que c'était un objet que
l'on négligeait, dont on avait pourtant bien besoin mais
qu'on oubliait. On a toujours beaucoup travaillé avec
le fer à repasser."
En effet, combien de vêtements ne sont-ils pas passés
sous sa semelle ?
"Un jour, je me suis rendue à Bruxelles, au marché
aux Sablons et j'en ai trouvé, je les ai achetés."
Dès que Madeleine avait
une connaissance qui devait se rendre à l'étranger,
elle n'hésitait pas à lui demander qu'on lui rapporte
un fer. Avec Madeleine, c'est facile de savoir ce qu'il faut
rapporter comme cadeau ! "Des amis m'ont rapporté
des fers à repasser de Tunisie et d'ailleurs."
Sa collection a débuté il y a 35 ans.
"A l'époque, j'habitais à Pécrot.
Un jour, je me suis rendue dans un musée à Tournai
et là, j'en ai eu quatre ou cinq, je ne me rappelle plus
exactement."
Là, elle a rencontré d'autres visiteurs qui lui
ont parlé d'un club de collectionneurs de fers à
repasser : les Amis pressophiles de Belgique (CAPB), aujoud'hui
disparu. Le club se situait à Waterloo. Madeleine en a
fait partie.
"Nous avions une réunion par an. Nous venions
exposer notre collection de fers à repasser. Nous recevions
également de la documentation quatre fois sur l'année.
Un dîner était organisé aussi. C'était
une bonne occasion pour pouvoir se rencontrer entre collectionneurs." |
 |
Deux ans après, Madeleine Goffin a fait partie d'un club
de pressophiles français : Eurofer. Il existe depuis une
trentaine d'années.
"Je suis allée voir plusieurs expositions en France,
près de Toulon; à Landermau; je me suis rendue
quatre fois en Alsace; près de Lille. Les expositions
se déroulaient souvent pendant de longs week-ends."
Une réunion de fer
Dernièrement, une réunion a été organisée
en Belgique, dans un hôtel à Nivelles. Ce type de
rencontre permet aux membres de lier de grandes amitiés.
"Le club et les expositions permettent de rencontrer
beaucoup de monde", confie Madeleine.
A présent, elle fait partie, en plus, d'un club situé
en Suisse.
"Le club m'envoie de la documentation sur les usines,
sur les grands magasins de fers à repasser. Le 5 mai de
cette année, je dois me rendre, normalement et si tout
va bien, à Bâle, en Suisse, le temps d'une journée,
pour aller visiter une exposition-échange. Je m'y rendrai
en compagnie d'une amie qui possède également une
fabuleuse collection de fers à repasser."
Un jour, Madeleine s'est rendue dans une brocante à Andenne.
Et là, elle a déniché un fer de pressing
qui, apparamment, avait rendu de nombreux services et ce, pendant
des années, la poignée était usée
sur au moins un centimère.
"Mon fils, Bernard, un casque bleu, qui était
parti en ex-Yougoslavie dans le cadre de son travail, au moment
de la guerre, est allé chiner sur une brocante en Hongrie
et m'a rapporté un fer à repasser."
Madeleine s'est rendue en Roumanie pour y effectuer une action
humanitaire.
"Je m'y suis rendue pour aller apporter bénévolement
des vêtements, de la nourriture, du café... J'avais
pris quelques fers avec moi, je les ai montrés et, surprise,
on m'en a donné, c'est trois ou quatre !"
Partie en Slovaquie, Madeleine a été hospitalisée
sur place.
"Une dame, que je ne connaissais pas mais qui, elle,
parlait français, est venue me voir à trois reprises
sur huit jours. Nous avons entamé une conversation. Je
lui ai bien évidemment parlé de ma collection.
Ensuite, j'ai reçu deux fers à braise qui avaient
été utilisés et réparés. Cette
histoire-là, je ne l'oublierai jamais."
En bref - Anne Jacquemin, in Vers L'Avenir, 12 avril 2002
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Le terme lissoir apparaît vers 1600-1700 dans les dictionnaires
comme étant un instrument en verre, en marbre ou en bois
dur utilisé pour lisser le papier, le linge et la dentelle.
[Ci-contre : lissoir scandinave ou "rolling pin"
pour foncer les tartes ? Les deux se remplissaient d'eau chaude.
Photo BMG.] |
....Un pressophile, c'est un ami des fers
à repasser anciens et, plus généralement,
un collectionneur d'anciens instruments de repassage. |
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Pourquoi le préfixe
presso ?
Parce que tout instrument pouvant servir à repasser -
quels qu'en soient le type, le matériau ou la forme -
a toujours comme effet de soumettre un tissu à l'action
d'une pression : soit par frottement (lissoirs et repassoirs),
soit par roulement (appareils à calandre), soit par serrage
(presses à linge).
[Ci-contre : petite calandre à manivelle, conduction
de la chaleur par l'introduction de tiges chaudes dans les cylindres,
pour plisser dentelles ou tissus empesés et légèrement
humides, laiton et bois, XIXe s. Photo BMG.]
|
....Dans les pays de langue anglaise, le
mot "pressing" signifie repassage et ce même
mot figure au dictionnaire et désigne le lieu (une boutique
ou un magasin) où l'on repasse. |
....Parmi les fers exposés [au
Musée de la Gourmandise], des fers kabyle : ce sont
des fers munis de longs manches pour pouvoir aller dans les endroits
difficiles à repasser.
[Nous aimerions savoir pourquoi ils portent ce nom !?
Photo BMG.] |
 |
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....Un autre fer exposé sert, lui,
à repasser les toiles de billard. Il a la forme d'un rectangle
sauf que les bouts ont été recoupés. On
dirait un lingot d'or !
[Photo BMG.] |
....Sur certains fers à repasser,
les initiales de la fonderie qui les a fabriqués sont
gravées dessus.
Cependant, Madeleine Gofin en possède quelques-uns dont
elle ne parvient pas à connaître la provenance.
Pour elle, toutes ces initiales sont inconnues à ce jour
: |
??
JLD Liège, PCG, OS, NGP,
PM, PW, SL, PDB, UP, VC, VM, VDG, GPBL, FF, CPW, LUC, BANF, COEUR,
DEMS, EL, BM, MD, VD, RW, JM, FDS, BF, FLP,LB |
Avant, on repassait à
froid -
Anne Jacquemin, in Vers
L'Avenir, 12 avril 2002
Pour arriver aux centrales à vapeur d'aujourd'hui,
le fer à repasser aura traversé les siècles.
Des Chinois à 2002, chronologie d'une histoire de fers.
Dans les premiers temps, des lissoirs non-chauffés étaient
utilisés. Il s'agissait en fait de fragments d'os, de
mâchoires et de cornes de bovidés, de bois dur poli
ou encore, de pierres polies. Au début de notre ère,
en Asie, à l'époque de la dynastie chinoise Han,
un repassoir en forme de casserole était chauffé
avec des braises.
Entre 800 et 1200, les Vikings
auraient été les premiers à utiliser des
lissoirs en verre.
Vers le XVIe siècle et jusqu'au siècle dernier,
les Scandinaves ont utilisé le rouleau à calandrer
qui est une sorte de cylindre en bois dur, autour duquel était
enroulé le linge humidifié. On le roulait sur une
table et, sous la pression d'une planche munie d'une poignée,
on imprimait, au rouleau, un mouvement de va-et-vient pour déchiffonner
le linge. |

[Repassage à froid :
fer à battre les coutures des voiles. Photo BMG.] |
Repasser à chaud
Au XVIe siècle également, mais cette fois en Europe,
les repassoirs utilisés à chaud font leur apparition.
Au cours des siècles suivants, l'évolution sera
assez rapide avec l'association de la chaleur, du repassoir,
de l'amidon et l'utilisation des fers massifs.
Aux environs des XVIIe et XVIIIe siècles, les fers creux
à braises, en tôle de fer, apparaissent. Ils ont
la forme de bateaux chauffés intérieurement par
des braises.

[Fer à braises sur son support
et pince pour prendre les braises. Photo BMG.] |

[Fer à braise, à cheminée, fonte, XIXe
s.
Selon les cas, le cheminée pouvait être orientée
vers l'avant ou l'arrière, et surtout vers la droite ou
la gauche selon que l'on était droitier ou gaucher. Photo
BMG.] |
Les fers creux à lingots
en forme de barquette et de langue de boeuf font également
leur apparition.
La braise est remplacée par un lingot qui est un bloc
de métal préalablement chauffé et qu'on
introduit à l'intérieur de la boîte creuse,
communiquant sa chaleur à la semelle.
Les fers à coque, à tuyauter et à plisser
sont utilisés pour les cols à fraise, les dentelles,
les coiffes et les bonnets, répondant ainsi aux raffinements
des modes qui se succèdent.
[A droite :
Fer à lingot en forme de langue de boeuf
Photo BMG.] |
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A partir du XIXe siècle,
la fonte, produite industriellement, remplace le fer utilisé
jusqu'alors dans la fabrication des différents types de
repassoirs.
A la fin du XIXe siècle, de nouveaux fers sont créés
dont la source de chaleur est fournie par la combustion interne
d'alcool, de gaz, d'essence ou d'eau chaude.
[Ci-contre : Fer à alcool, USA, XIXe s. Photo BMG.] |
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Au début du XXe siècle,
on assiste à la naissance du fer électrique qui
se substitue progressivement à tous les autres fers. Des
améliorations successives conduisent aux fers que nous
connaissons aujourd'hui avec thermostat et vapeur.
Les fonderies hutoises
-
Anne Jacquemin, in Vers
L'Avenir, 12 avril 2002
Chez nous, il y avait évidemment la fonderie Nestor
Martin.
Mais il faut également tenir compte des établissements
Porta, Tihange et UM.
A Huy, quatre fonderies ont fabriqué des fers à
repasser : Nestor Martin, Laurent Tihange, Nestor Porta et l'Union
Métallurgique.
Nestor Martin, qui a donné son nom à l'entreprise,
est né en 1825, à Saint-Hubert. En compagnie de
son fils, Arthur Martin, il a tout d'abord inauguré une
usine, chaussée des Forges, en 1854, le long du Hoyoux.
C'est en 1861 qu'ils ont fondé une usine, d'une surface
de 1400 m2, avenue Albert 1er et rue Baudouin Pierre. De 6500
à 25000 personnes ont travaillé pour eux [dans
le monde]. Mondialement connu, Nestor Martin a créé
bon nombre d'usines à l'étranger et, entre autres,
en Asie. Il a pris de plus en plus d'expansion. Il a commencé
à fabriquer des foyers, des poêles en fonte, puis
des fers à repasser. En 1891, il a également fait
de l'émaillerie. Nestor Martin a travaillé lui-même
pendant plus de 50 ans avant de passer le flambeau à sa
descendance. Il est décédé en 1916, à
l'âge de 91 ans. En 1950, l'entreprise Nestor Martin a
fusionné avec Electrolux.

[Les usines Mestor
Martin à Huy] |
Et les autres...
Laurent Tihange possédait une fonderie, rue Cherave. La
fonderie de fer a débuté en 1848 et ce jusqu'aux
environs de 1953. Les initiales que l'on peut voir sur les fers
à repasser sont : LT.
La fonderie Nestor Porta se situait, elle, près de Saint-Hilaire
et le magasin se trouvait rue Sainte-Catherine.
La fonderie Union Métallurgique (UM) a commencé
à produire en 1920, rue des Cotillages à Huy. Auparavant,
elle possédait des forges à Marchin et à
Seilles avant de venir s'installer dans la ville mosane.
Adresses utiles
Sur internet : http://www.google.com
- chercher en pages françaises : "collection fers
repasser" = + 250 adresses à consulter...
Associations de pressophiles ou sidérophiles (synonymes)
:
- Eurofer : M. Jacques Lebrun, Les 4 vents de Chillot, F-003500
Verneuil en Bourbonnais, Tél. 0033- 470 45 91 53 ou http://www.musee-buee.fr.st
- PHER (Patrimoine, histoire et étude du repassage) :
8 rue des Censes d'en haut, F-59990 Sebourg, Tél. +33-(0)3-
27 26 54 09 ou http://home.nordnet.fr/~JPLENSKI |

Fer wallon en forme de goutte.
Photo BMG. |

Fer de chapelier.
Photo BMG. |

Fer wallon en forme de goutte
avec son support. Photo BMG. |

Fer de voyage présenté
semelle vers le haut.
Le chauffage est assuré par une plaquette de "méta";
un compartiment accueille le fer à cheveux ou à
moustache qui peut également repasser des dentelles. La
semelle sert aussi de réchaud pour chauffer l'eau nécessaire
au rasage ou au thé du déjeuner. Photo BMG. |

Ensemble de repassoirs français et foyer à gaz
de repasseuse
Photo BMG publiée dans la revue "Point de vue",
17 avril 2002 |
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BIBLIOGRAPHIE.
BMG : Zola, Emile - L'Assommoir,
1877
BMG : Discry, Fernand - L'ancien bassin sidérurgique
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