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TITRE, SUJET
CONTRECOEUR
( C.X. M. , d' après
R. Lecoq )
Le contrecur est la partie
verticale du fond de la cheminée; par assimilation, on
donne ce nom à la plaque de métal, de terre cuite
et parfois de pierre dont la fonction est de protéger
et de décorer cet endroit. De plus, le contrecur
accumule et renvoie la chaleur.
Entre la Loire et la Saône,
les foyères furent longtemps exécutées en
terre cuite; de même en basse Auvergne et dans le centre
de la France (Mâconnais et Charolais).
Dans le Finistère,
le contrecur en métal est souvent remplacé
par une dalle de granit.
Dans les Pyrénées,
des contrecurs rectangulaires sont constitués de
bandes de fer forgé horizontales fixées par de
gros rivets sur des montants verticaux terminés par un
anneau de préhension.
Dans la région de
Cahors, cet assemblage adopte une forme semi-circulaire.
Les dimensions des contrecurs
en métal (que nous avons eu loccasion de voir) varient
de 37 à 135 cm. pour les plaques carrées, et atteignent
190 cm. de longueur pour les rectangulaires. Lépaisseur,
généralement de 2 à 3 cm., peut atteindre
une dizaine de cm.
Cet accessoire nest connu
quà partir de la seconde moitié du XVe siècle
et adopte une forme semi-circulaire ou ogivale. Dans les rares
exemplaires conservés de cette époque, le champ
est occupé par des écus ou des fleurs de lys.
 2 contrecoeurs (de gauche à
droite : XVe S. Bâtard de Valois et XVIe S. armoiries non
identifiées) |
Au XVIe siècle, les contrecurs sont plus fréquents.
La partie supérieure est à coins coupés,
trilobée, ou en demi-cercle. Le décor, fort
saillant, figure des lions ou des dragons accostant les blasons
du propriétaire, des scènes mythologiques ou des
allégories.
Au XVIIe siècle, la
plaque devient plus épaisse et le bord supérieur,
chantourné, est souligné par des guirlandes de
fleurs ou de fruits. Sous Louis XIV, lornementation est
symétrique et sinspire de la mythologie guerrière.
Au XVIIIe, la plaque est moins
épaisse, le bord supérieur reste presque toujours
droit; le décor sinspire également de la
mythologie mais avec une prédilection pour les scènes
galantes ou les chinoiseries.
Sous Louis XVI, les dimensions
diminuent : 37 à 40 cm. de largeur, avec un décor
constitué de scènes champêtres ou dattributs.
En 1794, la Convention
décide de détruire ou du moins de retourner (3)
les contrecurs armoriés.
Enfin, au XIXe siècle
le décor s' inpire de l' actualité; girafe au jardin
des plantes, envol du premier ballon, vélocipède.
FABRICATION
Une matrice réalisée
en bois ou en plâtre est imprimée dans le sable,
on coule alors la fonte en fusion dans le moule obtenu. Le contrecur
ancien peut également servir de matrice pour une nouvelle
pièce (4).
NOTES
(1) En Lorraine, le mur derrière
le contrecur est parfois percé dune niche
formant placard, fermée par une porte dans la pièce
contiguë. Ce placard où on mettait le lait à
cailler sappelle taque et, par assimilation, le contrecur
porte également le nom de taque.
En Belgique francophone,
le mot taque est généralement utilisé. (CXM)
(2)Le nom de bretagne ,donné
parfois au contrecur, désigne le lieu de fabrication.
(H. Havard, Dictionnaire)
(3) Il était de
coutume dans le Luxembourg belge de retourner ou de placer à
lenvers les taques qui changeaient de propriétaires.
(CXM)
(4) Dans ce cas, le moulage
obtenu rétrécit de quelques millimètres
par rapport à loriginal. Dautre part,
une analyse comparative permet actuellement de dater les objets
en fonte de fer dune manière satisfaisante. (CXM) |