Les
titres sont de la rédaction.
| On n’a jamais vu un régime
politique renverser une cuisine nationale |
Dans
cette épicerie modeste et sans minauderie folklorique,
j’ai constitué mes premières
réserves.
Née en France de parents nés au-delà,
c’est
par les mets sur la table, et le croquant sous la dent, le piquant de
la salive, la résonance du tube digestif que j’ai
abordé ce continent interdit d’où
venaient ces
deux-là qui m’avaient conçue. Tousser
dans la
poudre du pavot, mouiller les lèvres le long de la liqueur
âpre de la poire, casser l’os de cuisse du poulet
pané m’était autorisé parce
que les plats
revêtaient une croûte placide, pourtant
j’y ai vite
découvert un c?ur férocement dense, quelque chose
de
régénérant, qui pouvait
m’être
communiqué depuis le ventre des origines. Leur
sécurité confondante était
probablement la plus
solide des armures : on n’a jamais vu un régime
politique
renverser une cuisine nationale. À la maison, mes parents ne
prononçaient pas un mot semé, germé et
mûri
sur le territoire noir de leur enfance, de leur adolescence.
C’eût été comme une
inconvenance, une
terrible impolitesse, un manque total de savoir-vivre. Mais les saveurs
du goulasch, oui, presque par inadvertance, elles se sont
glissées sur la table. Et je croquais gamine avec ardeur
dans le
poivron jaune, attentive à me remplir la bouche de cette
pâte spongieuse et tendre à mastiquer. Je mangeais
avec
application, exactement comme on arpente les premiers mots
d’une
dictée. Les mets composaient la seule
mémoire vive
cédée, concédée, transmise,
voyelle
paprika, consonne galuska, accent grave dans la chair de la noix, aigu
dans l’amertume du concombre. Ils ont creusé mon
premier
attachement à la langue de là-bas, un
déchiffrage
à jamais collé aux sens, qui me hante et
m’accompagne de son pouvoir d’éveil.
Grâce aux
plats et aux odeurs, à ces saveurs dégluties et
remâchées jusque dans mes rêves les plus
sourds, au
fil des années, j’ai pu envisager les lettres, les
groupes
de lettres, les mots hongrois, l’étoffe de la
langue puis
les visages, les corps et le choc des ressemblances, la rencontre
d’une famille, d’une certaine géographie
de
l’Europe centrale, enfin.
Je veux vous entraîner à la découverte
de
l’épicerie hongroise, de ce bazar magyar
où rien ne
s’articule, ne s’ordonne, ne se soulève,
ne geint et
ne pleure comme ailleurs. En tranchant la chair onctueuse du porc, en
dévissant les couvercles de leurs bocaux, en saupoudrant de
sucre glace leurs biscuits feuilletés aux cerises, M. et Mme
Suba faisaient sauter les verrous, tomber les murs, ouvrir les
frontières et jaillir la vie éperdue.
Parfois il
suffit de manger, pour que tout, ou presque, puisse être dit. |
| Viviane Chocas, Bazar magyar,
Éditions Héloïse d’Ormesson,
2006 |
| La « Rawette » |
L'habitude
s'en est perdue. Il arrive bien, de temps à autre,
qu'un
commerçant offre à l'enfant qui accompagne sa
maman, une
chique ou un bonbon, mais autrefois, la rawette faisait partie du
protocole.
Un
épicier qui ne
donnait pas la rawette était classé. On
allait
ailleurs. Si je "faisais les commissions" pour ma
mère et
qu'on l'oubliât, je réclamait [sic] : "Et ma rawette ?" ; la maman
sollicitait elle-même : "N'avez-vous pas une rawette pour le
petit ?"
Chaque
samedi, j'allais chez le chacutier [sic] Hoppen,
place St-Séverin, chercher, pour le souper, une "portion de
quinze" : un morceau de boudin noir, un de blanc, une tranche de
tête pressée, coupés au
jugé.
C'était la "dressèye" traditionnelle.
La rawette
consistait en un morceau de boudin.
Quand par
hasard, nous
avions un proche à souper, j'achetais deux portions de
quinze. C'était plus avantageux disait ma
mère,
qu'une portion de trente centimes. Je réclamais
alors, ma
double rawette.
Chez
l'épicier,
c'était un bonbon ou des chiques, que je recevais, la valeur
en
était proportionnelle aux achats effectués.
Chez le
pharmacien,
j'avais du jujube, au Camélia, où l'on vendait
exclusivement les articles de deuil, au coin de la place du
Théâtre et de l'actuelle rue Foch, les enfants
étaient gratifiés d'un gros ballon en baudruche
de
couleur violette.
Il fallait
souhaiter,
autant que le plaisir d'être habillé de noir, un
décès lointain, dans la famille, car en ce temps,
le
deuil se portait scrupuleusement, jusqu'à des
degrés
éloignés de parenté. Il
fallait être
un tout petit cousin pour n'avoir droit qu'à la "rance" au
chapeau ou au brassard de crêpe.
Et quant aux
ménagères sans enfants, direz-vous ?
Il y avait
toujours un chat, un toutou. "N'av' rin po mi p'tit tchin ?"
Les
paysannes
réclamaient véhémentement leur
rawette, comme un
droit acquis. Un costume acheté rue
Léopold donnait
lieu à l'un ou l'autre cadeau, cravate ou casquette.
Et quand
elles
commandaient quelques mètres de drap ou de toile, elles ne
manquaient pas de recommander, au coupeur : "Ni copez nin ès
vosse deugt, savez !" Le commerçant savait ce que
cela
voulait dire, et ajoutait dix centimètres à la
mesure.
Il
n'était pas
jusqu'au laitier, qui ayant versé dans le pot de la
ménagère les deux mesures quotidiennes, n'y
ajoutât
un petit ration [sic].
"Et vola po l'tchèt."
Le
dernier né d'une famille, c'était la rawette.
ndlr : C'est dans
cette dernière acceptation qu'il faut entendre le nom de
notre
association La Rawète.
Ce dernier-né d'une famille,
celui-ci ou celle qu'on n'attendait pas : les paysans de jadis
auraient-ils osé imaginer que la Ferme castrale serait un
jour
un centre de culture et de tourisme ?
|
Léon Maurice LINZE,
Printemps du siècle : gens et chôses du
passé au
pays de Meuse : seconde chronique folklorique du temps heureux,
Liège, Rapid-Press, 1952 |
| Authentique !!! |
Le
garçon :
« C'est pour manger ? »
La cliente : «
Non, juste pour boire un verre...»
Le
garçon : « Qu'est-ce que vous voulez ? »
La
cliente : «
Vous avez une carte ? »
Le
garçon : « Ah, vous la voulez avant ? »
... |
| 1er mai 2007 à Noville, Wallonie |
| Au resto... |
Les produits, pas
plus que
les humains, n'ont le don d'ubiquité :
- l'huile de truffe est à la carte, et non dans l'assiette,
- l'addition est salée, et non les plats. |
| CXM, avril 2007 |
| Préface |
|
Vous qui lisez
cet ouvrage,
Savourez-en
le fumet :
Ce
livre
a plus d'un usage
Peut
servir au Cabinet ;
S'il
déplait par sa matière,
Torchez
vous en le derrière.
|
Dr. Chirouec, la
France constipée ou Paris foiré,
poème odoriférant suivi de
La Chiropédie, Paris, MVIILXI |
| Pourquoi faire simple... |
| C’est
semble-t-il
bien là ce que fait Claude Delmas en nous livrant sa
réflexion sur l’importance du genre auquel
appartient le texte dans l’analyse que peut en faire le
linguiste. « Fragment d’un discours culinaire
» s’intéresse donc tout
particulièrement à la facture d’une
harmonie co-énonciative reposant sur un pacte linguistique
entre une énonciatrice fictive et un lecteur construit que
le texte met en scène. Analysant la nature du filtrage
sémantique symbolisé par delta,
l’auteur fait appel à d’autres
éléments de corpus dans d’autres genres
de textes. Pour lui, delta « rappelle qu’un
élément sémantique ne trouve pas de
projection linéaire. [...] N’ayant fait
l’objet d’aucune instanciation
préalable, cette absence ne signifie pas effacement
» [28]. Un exemple probant est ensuite donné, dans
lequel les verbes à l’impératif sont
précédés d’un delta filtrant
l’agent et parfois aussi d’un delta filtrant le
patient. Dans le corpus choisi, la plupart des verbes «
relèvent des actes caractéristiques de la cuisine
» [30], ils sont sémantiquement contraints. En
position delta, le sujet de ces verbes assume une double
agentivité : celle conférée par son
rôle lecteur et celle associée à son
rôle agent lors de la mise en acte de la recette de cuisine.
Se pose alors la question de savoir si ces impératifs
véhiculent un schéma
causal-résultatif. L’auteur conclut en soulignant
la multiplicité des champs à explorer en marge
des principes généraux de la grammaire : syntaxe,
sémantique, négociation
inter-énonciateurs, pragmatique, sémiotique sont
autant d’ingrédients intervenant dans la recette
de l’énonciation bien réussie et de la
cuisine du sens. |
in
http://www.cercles.com/review/r21/contrastes.htm
janvier 2006 |
| La bouffe ? Tout
dépend du point de vue |
L'Europe de
l'Ouest ne
s'intéresse qu'à la grande bouffe. Elle est sous
le joug du poulet, du vin et de l'abstraction.
Hassan II in Le
Figaro-Magazine, 5 Février 1984
Le basket, c'est bien ; parce que, vu
l'état de la bouffe
actuellement, je ne vois pas ce qui nous reste d'autre qu'un ballon
à mettre dans un panier.
Laurent Ruquier in « Je ne vais pas me
gêner
»
Je bouffe de temps en temps des asticots pour
assouvir un sentiment de
vengeance par anticipation.
Philippe Geluck in
« Et vous, chat va ? »
|
|
| On blâma son
courage... |
| A quatre heures,
Vatel va
partout, il trouve tout endormi. Il rencontre un petit pourvoyeur qui
lui apportait seulement deux charges de marée; il lui
demanda : "Est-ce là tout ? " Il lui dit : "Oui, Monsieur."
Il ne savait pas que Vatel avait envoyé à tous
les ports de mer. Il attend quelque temps; les autres pourvoyeurs ne
viennent point; sa tête s'échauffait. Il croit
qu'il n'y aura pas de marée; il trouve Gourville, et lui dit
: "Monsieur, je ne survivrai pas à cet affront-ci; j'ai de
l'honneur et de la réputation à perdre."
Gourville se moqua de lui; Vatel monte à sa chambre, met son
épée contre la porte, et se la passe au travers
du cœur, mais ce ne fut qu'au troisième coup, car
il s'en donna deux qui n'étaient pas mortels: il tombe mort.
La marée cependant arrive de tous
côtés; on cherche Vatel pour la distribuer, on va
à sa chambre; on heurte, on enfonce la porte; on le trouve
noyé dans son sang; on court à M. le Prince, qui
fut au désespoir. M. le Duc pleura; c'était sur
Vatel que roulait tout son voyage de Bourgogne. M. le Prince le dit au
Roi fort tristement : on dit que c'était à force
d'avoir de l'honneur à sa manière; on le loua
fort, on loua et on blâma son courage... |
| Marie de Rabutin-Chantal, marquise de
Sévigné |
| Cuisine familiale |
Le principal
ingrédient pour toute une bonne cuisine familiale est
l'amour ; l'amour envers ceux pour qui vous cuisinez.
Sophia Loren
Les
repas de famille ne consistent pas à se manger entre
parents.
Jules Jouy
Chaque
repas que l'on fait est un repas de moins à faire.
Vladimir
Jankélévitch
|
|
| Savoir inviter ses
convives... et savoir les choisir |
Mon cher
Curnonsky, tu viens
dîner
dimanche, ça ne fait pas un pli, seulement je tiens
à te faire savoir
que la douce Juliette est au lit, que c'est Joséphine qui
fonctionne
assez mal et que le dîner sera probablement
médiocre. Tu dois venir, la
beauté de Willy, mon esprit doivent te faire oublier la
médiocrité du
dîner. C'est une question de dévouement, non de
gueule.
----
A un
certain âge, n'admettez que des amis anciens, rassis,
modérés, parés de
la fidélité qui vient avec l'âge. Car
il est bon de traiter l'amitié
comme les vins et de se méfier des mélanges.
|
| Colette |
Ceci n'est pas une
réponse à Colette
|
La cuisine, c'est
quand les
choses ont le goût de ce qu'elles sont.
Si le potage avait été aussi chaud que le vin, le
vin aussi vieux que la poularde
et la poularde aussi grasse que la maîtresse de maison, cela
aurait été presque convenable. |
| Curnonsky |
...A propos du vin
|
Manger beaucoup,
je ne puis,
mais je peux, j'en suis sûr, boire ce qui a robe et capuchon
!
Evêque John Still
Vigne, l'homme devient morose
Sans ton vin d'aurore teinté.
Fais-moi revoir la vie en rose.
On la voit jaune dans le thé.
Jean Rameau
Tenez ! Ce petit soleil qui danse là sur le verre, c'est le
clin d'œil du vigneron, clin d'œil complice de
votre gourmandise dont il n'est pas dupe mais dont il est fier.
Louis Orizet
Cloîtres silencieux où
dorment les bouteilles !
Caves, celliers profonds receleurs de trésors,
Que vous ont confié les amis de nos treilles !
Je glisse avec respect en vos corridors.
Albert Couvreur
Ici reposent les fruits de tant de soins :
flacons jeunes, lisses,
fioles millésimées, habillées
lentement d'une fourrure impalpable, grise et blanche comme du duvet.
Colette
|
|
| Le thé anglais |
| Nous descendons
au tea-room.
C'est une cave claire où sont alignées des tables
et des chaises d'une tristesse et d'une laideur inimaginables. C'est
plus triste qu'un self-service au petit jour. On pense à
Huis-clos. Derrière un gros tea-pot en aluminium tout
bosselé, une vieille femme à la voix aigre plonge
une louche au manche tordu dans une caissette métallique
pleine de thé frais. Ce thé, elle le jette avec
rage, dirait-on, dans le tea-pot ; elle empoigne le tea-pot qui
décrit dans les airs un périlleux vol
plané avant d'atterrir avec fracas sur les grilles d'un
antique réchaud à gaz. De temps en temps, cette
charmante vieille dame attrape d'un geste tout aussi rageur que les
précédents, une autre verseuse en aluminium
d'où s'échappe un brûlant jet de
vapeur. Elle renverse le bec de la verseuse sur le tea-pot qu'elle
emplit à ras du bord ; puis elle vous lance dans les doigts
une nice cup of tea de faïence bleutée. Ajoutons
que si vous êtes adroit, vous parvenez à arracher
des mains d'une autre dame âgée à peu
près aussi avenante que la précédente
une soucoupe contenant une dizaine de crakers salés ou bien
une très mince bande de chester entre deux très
minces tranches de pain fade. Le troisième jour du
procès du brave petit docteur [Adams], nous
découvrîmes que les dames du tea-room, de temps en
temps, évacuaient dans un seau le vieux thé
usé du tea-pot. Elles attendaient, pour accomplir ce rite,
que la litière du thé usé ait
absorbé la moitié ou presque du volume utile de
la vieille chaudière. A le voir préparer dans de
telles conditions, on pouvait éprouver quelque
anxiété sur la qualité du breuvage que
ces dames nous vendaient. Détrompez-vous ! Ce thé
était délicieux, et c'est là
peut-être l'un des mystères les plus
intéressants qui aient marqué le
séjour des chroniqueurs judiciaires français au
cœur de cette chère vieille Angleterre. |
Frédéric Pottecher, Grands Procès, Moscou
: affaire Powers,
Londres :
affaire Adams, Jérusalem : affaire Eichmann,
Ed. Arthaud, 1964 |
| Le gourmet |
| Passer pour un
idiot aux
yeux des imbéciles est une volupté de fin gourmet. |
| Rivarol |
| La table |
Dans le
pâle rayon
de la lune qui monte,
La table bien dressée attend les invités.
Et le faisceau bleuté que le lustre surmonte
Y détache un peu d'ombre en sa limpidité. |
| Albert Couvreur |
| Le dîner |
| Le joli
musée
qu'un dîner, quand la couleur du vin brille comme la couleur
d'un tableau ou quand des plats d'argent sur la table
éblouissante, nous donnent en une heure la sensation pleine
et directe de ces divers chefs d'œuvre dont le
désir de l'un suffit à remplir de charme une
heure oisive et d'appétit. |
| Marcel Proust |
| Le cuisinier |
|
Un cuisinier
quand je
dîne
Me
semble un être divin,
Qui
au fond de sa cuisine
Gouverne
le genre humain
Qu'ici
bas on le contemple,
Comme
un ministre du ciel,
Car
sa cuisine est un temple
Dont
les fourneaux sont l'autel.
|
Grimod de la Reynière
Voir notre article sur M. de la
Reynière |
| La cuisine du bonheur |
Lorsque nous
étions réunis à table et que la
soupière fumait, maman disait parfois
« Cessez un instant de boire et de parler ».
Nous obéissions. « Regardez-vous »
disait-elle doucement.
Nous nous regardions, sans comprendre, amusés.
« C'est pour vous faire penser au bonheur
» ajoutait-elle.
Nous n'avions plus envie de rire. « Une maison chaude, du
pain sur la nappe, des coudes qui se touchent, voilà le
bonheur » répétait-elle à
table, puis le repas reprenait tranquillement.
Nous pensions au bonheur qui sortait des plats fumants, qui nous
attendait au soleil, dehors, et nous étions heureux.
Papa tournait la tête, comme nous, pour voir le bonheur
jusque dans le fond du corridor, en riant, parce qu'il se sentait
visé. Il disait à ma mère :
« Pourquoi tu nous y fais penser à ce bonheur ?
»
Elle répondait : « Pour qu'il reste avec nous, le
plus longtemps possible… » |
| Félix Leclerc, Les pieds nus dans l'aube |
| La cuisine... |
| On a
écrit un
Eloge de la folie et un Eloge de l'ombre, mais qui va se
décider à écrire un Eloge de la
cuisine, éloge non pas de l'art culinaire, mais du lieu ?
C'est un lieu d'alchimie, qui abrite le feu. C'est un lieu
où l'on parle, où l'on se dit des
vérités, des mensonges, des phrases
définitives, des histoires drôles, des choses
désagréables et des choses sensées ou
insensées. Dans les cuisines ont lieu des scènes
d'amour et des scènes de ménage. Je regrette les
vieilles et vastes cuisines des fermes, où on vit et
où on mange, où on se réfugie et
où on se confie. Il y a vingt ans, j'avais pu louer
à Capri une grande maison isolée, pleine de
chambres, où j'avais invité des amis.
Malgré la piscine, la mer, le jardin, on se retrouvait tous
ensemble dans la cuisine, à midi, et on discutait pendant
des heures, alors qu'il faisait soleil dehors et que la cuisine
était plutôt sombre, mais cette cuisine nous
attirait, nous hypnotisait, et finalement nous rapprochait. |
| Maurice Béjart, La Vie de qui ? |
2004, Année de la
Musique en Wallonie...
La Musique, thème de
l'année 2004, nous avait valu au mois de janvier de cette
année-là d'incessants coups de
téléphone à la recherche de liens
entre cet art et la gastronomie. Pour votre bonne information, nous ne
résistons pas au plaisir de citer ici : |
On appelle
« vin
à deux oreilles », écrit
Furetière, celui qui fait secouer les oreilles de
déplaisir, et « vin à une oreille
», celui qui fait pencher l’oreille en signe
d’approbation. Donc, le vin ne suffit pas du nez et de la
langue, il se connaît aussi par l’oreille. Pour un
opéra-comique, il faut du champagne, la musique religieuse
demande du vin du Rhin ou du jurançon et la musique
héroïque ne peut se passer du vin de Bourgogne. Il
a la fougue et l’entraînement du patriotisme.
Huysmans propose même une « orgue à
bouche » permettant de composer selon l’humeur
d’intrigants cocktails de saveurs et Boris Vian, dans le
même esprit, un « pianocktail »,
système où chaque note commande à un
alcool, une liqueur ou une aromate. La pédale forte
correspond à un oeuf battu et la pédale faible
à la glace. Pour l’eau de Seltz, il faut un trille
dans le genre aigu, et pour la crème fraîche, un
sol grave.
Jean-Luc Hennig, "Erotique
du vin" (Editions Zulma, 2003)
Qui aura jamais le courage de déclarer : "La Musique est
à l'art ce que la bouillie est au gigot, et la meilleure
preuve en est que le plus grand des musiciens, Beethoven,
était sourd" ?
Hubert Monteilhet, "Requiem
pour une noce" (Ed. Denoël, 1973)
|
| référence |
| Si l'orthographe
était meilleure... |
La piqure de la
migale
lui fut vraiment fatal
à ce pauvre canibale
qui fut cuisiner à la sauce provencale. |
G-A.M.
Exercice de création d'un
poème à partir de rimes en "ale"
1ère année du cycle secondaire - Wallonie |
| Année Victor
Hugo... |
Rabelais, c'est
la Gaule ;
et qui dit la Gaule dit aussi la Grèce, car le sel attique
et la bouffonnerie gauloise ont au fond la même saveur
... Son éclat de rire énorme est un des
gouffres de l'esprit. |
| Victor Hugo |
| Du goût... |
| Il faut donc
avoir de
l'âme pour avoir du goût. |
| Vauvenargues, Réflexions
et maximes |
| De l'esprit... |
| Les animaux se
repaissent ;
l'homme mange ; l'homme d'esprit seul sait manger. |
| Brillat-Savarin, Physiologie du goût |
| Des deux... |
| Le crachat
constituant la
représaille instinctive du domestique mécontent,
on n'y mange que des crachats accomodés à toutes
les sauces, et le repas qui vous est offert manque au premier de ses
devoirs : la variété des mets. |
| Georges Courteline, La philosophie de Georges
Courteline |
| Et du bon sens ! |
Marèye-Èli
qui féve dès vôtes
Mahîve
consincieûsemint s'lawèt...
"Vos
f'rez magnåhe avou nos-ôtes"
Dit-st-èle
a m' camaråde Françwès.
Mins
nosse Françwès qu'a dèl
métôde,
Ni
sét s'i deût rèsponde "Awè";
Ca
d'pôye on moumint noste apôte
È-st-an
trin dè bwèrgnî 'ne saqwè.
C'è-st-ine
glêriante gote qui barloke
Al
narène da Marèye-Èli,
Qui
mahe qui po mèye assoti.
Et
mågré qu'il a l'êwe al boke
Françwès
rèspond : "Po dècîder,
Fåt
vèy wice qui l' gote va toumer !" |
Marie-Aily
qui faisait les crêpes
Mélangeait consciencieusement sa pâte.
- Vous mangerez avec nous,
Dit-elle à mon ami François.
Mais notre François, un homme méthodique
Ne sait s'il doit accepter
Car depuis un moment, notre ami
Est en train de lorgner quelque chose :
Une goutte gluante qui balance
Au nez de Marie-Aily
Qui mélange vigoureusement.
Et, bien qu'il en ait l'eau à la bouche,
François répond : " Avant de décider,
" Il faut voir où la goutte va tomber ! " |
|
| Marcel David, in Revue trimestrielle La Wallonne
n°2/2001 |
| A(h) LA SOUPE ! |
Je vis de bonne
soupe, et
non de beau langage.
.............................Molière
Mieux vaut pas de cuillère que pas de
soupe.
..................Proverbe allemand
On ne peut faire une bonne soupe qu'avec le
meilleur de son
coeur................................................................................................Beethoven
Le bouillon est une nourriture saine,
légère,
succulente et qui convient à tout le monde. Il
réjouit l'estomac, il le dispose à recevoir et
à
digérer
........................................................................................Brillat-Savarin
La soupe et le poisson expliquent la
moitié des
émotions de notre vie.
Sydney Smith
La soupe du soir : magnifique...
................................................Lewis Carroll
Entre la soupe et l'amour, la
première est la
meilleure.
Vieux proverbe espagnol
La soupe tranquillise le coeur, apaise la
violence de la faim,
élimine les tensions de la journée,
réveille et aiguise l'appétit.
..........Auguste Escoffier |
| in "Flash", décembre 2002 |
| Points de vue |
Mon verre n'est
pas grand,
mais je bois dans mon verre. ...Alfred de Musset
Mon verre est petit, mais je ne veux pas que
vous buviez dedans.
Jules Renard
|
|
| Toc toc |
| Il
est terrible le petit bruit de l'oeuf dur sur le comptoir
d'étain. |
| Jacques Prévert |
| Précisons |
Ventre
affamé n'a
point d'oreilles. ....................................Jean
de la Fontaine
Ventre affamé n'a point d'oreille,
mais il a un
sacré nez ! ... Alphonse Allais |
| référence |
| In "Mensuel
littéraire et poétique" N° 296 |
Café
Un soir
de novembre,
un peu de
vin,
un
irrépressible désir
de briser
l'une des vitres
de
l'immeuble d'en face
-
n'importe laquelle...
Mais il
pleut.
Le gosier
vous brûle.
A la
table d'en face
les
mangeurs de viande
exhibent
des oreilles bizarres.
On
voudrait rire.
A la
surface du vin flottent des cils.
Ah,
traverser la rue sous la pluie
pour
briser l'une des vitres
de
l'immeuble d'en face...
-
mais le
désir s'émousse et devient maîtrisable. |
Corps
inerte
Dans
l'ombre immobile
il m'a
semblé découvrir
tout
à coup comment vivre
sans
langue, sans désir,
corps
inerte
-
à l'instar de ce verre
d'eau
minérale
qui garde
le silence
comme
lorsqu'il était vide.
Mes mains
tremblent
tellement
le verre est silencieux
- dans
l'ombre immobile,
il m'a
semblé découvrir tout à coup
comment
vivre sans rien
dire ni
désirer
Corps
inerte
Mes mains
tremblent
-
tellement que s'est brisé
le verre
d'eau
minérale. |
|
| Mariné Pétrossian,
poète arménien, traduit par Vahé Godel |
| ASSURANCETOURIX : |
- les femmes
bardes,
ça existe, non ?
- Non Madame ! Une barde, ça n’existe pas, ou
alors c’est une tranche de lard. |
| R. Goscinny & A. Uderzo, Astérix, la rose et
le glaive |
| FAITE SOI-MEME |
Tiens,
Louis, prends encore une petite cuiller de mayonnaise, tu n'en
trouveras pas beaucoup de la pareille, faite à la maison. Tu
iras loin pour en trouver. Ah, j'étais aussi maigre quand
j'étais jeune. Et aussi toujours à lire des
livres, comme
toi. Mais qu'est-ce que tu veux, c'est la vie qui commande.
Qu'est-ce que tu en penses, de ma mayonnaise ? Faite
moi-même,
hein, car notre Monique ne peut pas y toucher quand elle a ses
affaires, ça fait tourner la mayonnaise, retiens
ça.
Enfin, tu es encore jeune, qu'est-ce que connais à la
mayonnaise
?
- Que ce mot vient de Mahon.
- Mahon ?
- Capitale de Minorque.
- Tiens, qui aurait cru ça
? |
| Hugo Claus, Le
chagrin des Belges |
| Bon Dieu ! |
Cerise :
celui qui a mis la queue aux cerises : se dit en Suisse
(région
de Fribourg) pour parler de Dieu. Le système astucieux qui a
consisté à réunir les cerises en
bouquets par
leurs queues (comment s'y prendrait-on autrement pour faire des boucles
d'oreilles ?) appartient à la catégorie des
petites
choses propres à faire croire à l'existence de
Dieu,
comme la division du melon en tranches ou la longueur du cou de la
girafe.
|
| Colette Guillemard |
| Mais aujourd'hui ? |
Chez
des amis, j'ai mangé récemment des
écrevisses
pêchées en Belgique. Je croyais qu'elles avaient
définitivement disparu. (R. Horne, d'Ostende)
A Liège, où la Meuse est très
polluée, on
mit à sec, en 1969, l'ancien bassin des yachts en face de
l'Evêché. L'équipe de
l'Université de
Liège, chargée de la
récupération des
poissons, eut la stupéfaction de recueillir dans la vase une
quantité d'écrevisses énormes dont on
ne
soupçonnait même pas l'existence en Meuse.
Les écrevisses n'ont donc pas totalement disparu
.
|
| in Le Guide des Connaisseurs n° 23
mars-mai 1973 |
| Sauf bonne faim |
| Tout a une fin
sauf le
saucisson qui en a deux. |
Citation danoise et titre d'un livre de Sophie
Roche, Ed. Albin Michel,
in L'Eventail n°5, juin-juillet-août 2001 |
| DCD ? |
Contrairement
à l'information parue en page 3 du "Living Kitchen"
distribué fin mars (sic), le bouton d'or n'est pas
comestible et
ne peut en aucun cas être utilisé dans une
préparation culinaire, même en guise de
décoration
dans des glaçons. Solo prie l'ensemble de ses lecteurs de
bien
vouloir l'excuser pour cette regrettable erreur et leur offre ce
dépliant consacré aux nouveautés
culinaires de
l'été. Si vous avez la moindre question,
n'hésitez
pas à appeler la ligne d'information au 078/15 22 00 (tous
les
jours ouvrables, de 9h à 17h) ou à envoyer un
e-mail
à l'adresse : reactionlivingkitchen@karamba.be .
|
Dans un feuillet publicitaire
toute-boîte :
Living Kitchen. La cuisine contemporaine vue par Solo,
distribué par la firme Solo (margarine) à
Hermalle-sous-Huy
...dans la 2e quinzaine de mai 2001 |
| Saint saint saint |
ARTICLE 1 : La
gourmandise
est-elle un péché ?
Objections : 1. Il ne semble pas.
Car le Seigneur dit en S. Matthieu (15,11) : "Ce n'est pas ce qui entre
dans la bouche qui rend l'homme impur." Or la gourmandise concerne les
nourritures qui entrent dans l'homme. Puisque tout
péché
souille l'homme, il semble donc que la gourmandise ne soit pas un
péché.
2. Personne ne pèche en ce qui est inévitable. Or
la
gourmandise est un manque de modération en
matière de
nourriture que l'homme ne peut éviter. S.
Grégoire dit en
effet : "Dans l'action de manger, le plaisir se mêle
tellement
à la nécessité qu'on ne sait pas ce
qui est
demandé par l'une ou par l'autre." Et S. Augustin :
"Seigneur !
Qui donc n'a pas pris de nourriture en sortant un peu des bornes du
nécessaire ?"
3. En toute espèce de péché le premier
mouvement
est déjà un péché. Or le
premier mouvement
qui conduit à prendre de la nourriture n'est pas un
péché, autrement la faim et la soif seraient des
péchés.
En sens contraire, S. Grégoire recommande de "ne pas nous
lever
pour livrer le combat spirituel sans avoir auparavant dompté
l'ennemi qui se trouve en nous-même, c'est-à-dire
l'appétit de gourmandise". Or l'ennemi intérieur
de
l'homme, c'est le péché.
La gourmandise est donc un péché.
ARTICLE 2 : La gourmandise est-elle un
péché
mortel ?
Objections : 1. Non, semble-t-il.
(...) La gourmandise est donc un péché mortel.
ARTICLE 3 : La gourmandise est-elle le plus grand des
péchés ?
Objections : 1. Il semble bien.
(...) En sens contraire, les vices de la chair, parmi lesquels on
compte la gourmandise, sont peu coupables, selon S. Grégoire
.
ARTICLE 4 : Les espèces de la
gourmandise
[etc...] |
| Somme Théologique IIa-IIae QUESTION 148
: LA GOURMANDISE in http://www.tradere.org/biblio/thomas/som8/som80008.htm |
| Sein sein sein |
| Les
adultes ont accès à mille sortes de
voluptés, mais
pour les enfançons, il n'y a que la gourmandise qui puisse
ouvrir les portes de la délectation. |
| Amélie Nothomb, Métaphysique des tubes |
| ...Et de la femme |
| La gourmandise
est l'apanage
exclusif de l'homme. |
| Anthelme Brillat-Savarin |
| Le gout du vrai |
| La gourmandise
dans le
mensonge finit souvent par suggérer la saveur
réelle des choses. |
| Marie-Claire Blais, La belle bête |
| Échecs et maths |
...
Cette idée de la multiplication du grain initial, on la
retrouve
dans une célèbre anecdote rapportée
par Marc
Doudon. [Histoires de plantes glanées à travers
mythes,
légendes et traditions, Paris, Ed. Missions et
développement, 1986]
Un brahmane, ou prêtre hindou, présente
à un prince
le jeu qu'il a inventé : l'échiquier; celui-ci
est
émerveillé par l'abondance des combinaisons
offertes et
tient à remercier le brahmane. Pas sot, le brahmane : il se
contentera d'une quantité de blé égale
à la
somme des grains obtenus en mettant un grain sur la première
case, deux sur la seconde, quatre sur la troisième, huit sur
la
quatrième, etc. Le prince accepte d'emblée,
d'autant
qu'il est très riche et que ses greniers regorgent de
blé. Comment pouvait-il imaginer jusqu'où allait
l'emmener une telle progression géométrique ?
Dès
la 38e case, il devait déjà déposer
six mille
tonnes de blé; et quand il arriva à la
dernière,
la 64e, le malheureux donateur n'en crut pas ses oreilles lorsqu'il
entendit le résultat des calculs du brahmane : le total de
l'échiquier atteignait huit cent milliards de tonnes, soit
la
production mondiale de blé pendant trois mille ans. |
| Jean-Marie Pelt, Au fond de mon jardin |
| SOS |
| Comme le cigare,
nulle chose
ne doit être connue à ses cendres. |
| de ?? |
| Laus GB |
Les caddies remplacent avantageusement les
prie-Dieu dont ils
épousent d'ailleurs la forme. |
| Jean-Marie Pelt, Au fond de mon jardin |
| Dans le feu de l'action ? |
What's cooking ?
Expression utilisée dans la marine américaine et
signifiant "Comment ça va ? Qu'y a-t-il de neuf ?" |
Ray Lasure, Maintenant,
fermez la fenêtre,
Paris, Librairie des Champs Elysées, EO 1054 (reprint 1969)
|
| Question d'estomac |
La
littérature
à l'estomac.
Entre mon gîte et la Bibliothèque nationale, je
suis
souvent saisie d'une fringale irrépressible. On a beau dire,
les
nourritures intellectuelles ne sauraient remplacer le boire et le
manger. Quand le corps crie famine et que les leitmotive de la faim
surgissent continûment, ce n'est la lecture ni de Racine, ni
de
La Fontaine, ni de Chateaubriand, qui peut apaiser une poche stomacale
rendue exiguë par le jeûne et l'abstinence.
Quel martyre que de devoir, à jeun, lire des
récits de
pique-niques extra, de lippées sublimes et d'agapes
excellemment
arrosées ! Les festins littéraires font saliver
et
endêver les futurs agrégés sans le sou.
Je me
rappelle les goûters de mon enfance, quand mon
père me
rangeait parmi les fanatiques de la fourchette, les ogresses et les
sybarites. Puis le temps des vaches maigres est arrivé.
[fin pour les
juniors]
Aujourd'hui,
je suis parfois
si obsédée par la faim que, penchée
sur les
trésors de la Bibliothèque nationale, je les
confonds
avec ceux de la gastronomie : manuscrits
médiévaux et
fricandeaux, palimpsestes minoens et courts-bouillons, in-folio et
sot-l'y-laisse, ainsi que les culs-de-lampe historiés et les
cancoillottes très parfumées, les incunables et
les
pets-de-nonne, les petits livres et les petits-beurre.
Écrirai-je un jour l'autobiographie qui, dût-il
m'en
coûter, retracera la route qu'on m'avait assuré
être
la plus facile, racontera ma jeunesse qui s'est tantôt
cherchée, tantôt fuie, qui eût
aimé
s'empiffrer, qui s'est défendu de souffrir, qui s'est
révoltée, et dont les privations ont
exhaussé mon
âme ? |
Dictée lue par Bernard Pivot,
célèbre animateur d'émission
littéraire français,
à la finale des Championnats du monde d'orthographe
de langue française, Paris, samedi 2 décembre
1989.
|
| Satie à la
mère de jean Cocteau : |
| Dites
à Germaine
Tailleferre [compositrice du groupe des Six]
que Ravel - son Dieu -
est un veau et mal cuit encore ! |
in Correspondance
presque complète par Erik Satie.
Réunie et présentée par Ornella Volta,
Fayard/Imec, 2001 |
| Pierre tombale ? |
Quel brasseur a
dit :
« Quand on met le Belge en bière, il sort du
tombeau » ?
(snameleiW noéL)
|
in le jeu La
Belgique infernale, de Jean-Paul Deleixhe et Christian
Libens,
avec la collaboration de Jacques Mercier. Bruxelles, Ed. Labor, 1999 |
| Direction de Cockerill,
octobre 1997 |
Il faut que les
appointés et cadres soient davantage impliqués.
Qu'est-ce à dire ?
Exemple :
Dans l'omelette au lard, il y a deux composants :
La Poule et le
Cochon.
La
Poule
est concernée,
Le
Cochon est impliqué.
|
Cette citation nous a été
rapportée par un des cadres "impliqués"
D'après (?) une citation de John Cockerill |
| Avant la vache folle... |
| L'homme est bon,
mais le
veau est meilleur. |
| Bertold Brecht |
| 28 septembre 1757 |
AVIS AU PUBLIC.
LES SEIGNEURS DEPUTE'S DES TROIS MEMBRES DE L'ETAT du pays &
Comté de Namur, informent tous & un chacun , qu'en
vertu du
Décret du Conseil des Domaines & Finances de SA
MAJESTE'
L'IMPERATRICE REINE , du 22. du présent Mois ,
rélatif
à celui de SON EXCELLENCE du 20.
précédent , il
est permis aux Habitans de cette Province, de distiller des Eaux-de-vie
de Grain ; bien entendu cependant que sous ce prétexte ,
lesdits
Habitans ne pouront acheter les Grains servans à cet
éffet , qu'aux Marchés publics en
conformité des
Placards.
Fait en l'Assemblée tenuë le 28. Septembre 1757.
PAR ORDONNANCE.`
DAN. MICHAULT prémier Official
pour l'absence du Greffier . |
A NAMUR, chez Pierre-Lambert Hinne,
Imprimeur des SEIGNEURS DES ETATS de la Province de Namur |
| Tout frais |
| On mange son
passé. |
| Georges Simenon |
| C'est pas sorcier |
| Si vous
n'êtes pas
capable d'un peu de sorcellerie, ce n'est pas la peine de vous
mêler de cuisiner. |
| Colette |
|