Nicole Hanot
Mise en ligne
28/7/2007
CLEFS
pain, vin,
salé, cacheter, roses, hanneton, loup, pourceau, singe,
corbeau, pauvre, coucou, plâtré, feuille, oreille,
étrier, veille, cerneaux, teinte, imitation, vigne,
vignoble, meule, four, azyme, moulin, ergotisme, saint, Antoine,
ardents, mal, ban, talmelier, jeton, méreau, boulanger,
boulangère, mitron, Zang, levure, levain, épices,
couque, Dinant, cougnou, vollaard, biscotte, mastelle, patacon,
pistolet, dagobert, cramique, craquelin, baisure, tamis, four,
pétrin, maie, rouleau, banneton, pelle,
enfourner (forneûre en wallon), racle ou râble,
racloir (razîre en wallon), tranchoir, trancheuse, fer,
osties, échantillon/souche
(tèye en wallon), platine, porte-en-ville, marque
à pain, panetière, tartinière, moule,
sceau, pinceau, panier, manne, brouette, verre,
frèzé, bouteille, voleuse, carafe, panier,
tirebouchon, chariot, faisselle (prèhale en wallon, caisse
percée de trous sur les côtés dans
laquelle on presse le raisin), hache, marc,
amphore, tonne, tonneau, futaille, pressoir, pipette, tasse,vin,
taste-vin, gaucho, pichet
SUJET
Le
CAG Centre
d'Histoire Agraire / Centrum Agrarische Geschiedenis de Leuven
étudie, avec toutes les personnes
intéressées, le
passé de l'agriculture et de l'alimentation, le
préserve
et le rend accessible au grand public, afin de donner à cet
héritage la place qui lui revient dans la
société
et sa réelle signification actuelle.
En 2003 et 2004, le Musée et la Bibliothèque de
la
Gourmandise furent invités à participer
à ses
grandes actions annuelles (rappelez-vous « Lekker dier !?
Animal
savoureux !? Suivez le boeuf !» ou « Cauderlier et
la
cuisine du XIXe siècle ») ; ils ont aussi
participé
à la traduction et à l'adaptation de plusieurs
livres du
CAG.
En 2007, celui-ci renoue avec ces « grandes
actions» et
propose un projet sur les Fruits et Légumes (courants)
:
Rode kool met Appeltjes [Chou rouge aux pommes]
C'est dans le cadre de cette vaste opération, qui
réunit
de prestigieux partenaires flamands (comme l'Openluchtmuseum Bokrijk et
le Museum voor Industriële Archeologie de Gent), hollandais
(comme
le Nationaal Natuurhistorisch Museum de Meldersloo ) et francophones,
que le Musée et la Bibliothèque de la Gourmandise
ont
présenté, du 16 juin au 15 juillet 2007
l'exposition
«Pain & Vin» consacrée
à l'histoire du
pain et du vin, et aux coutumes qui s'y rapportent.
Le présent article a été
rédigé et
publié dans le cadre de la présentation de cette
exposition.
Réflexions
Denrées de vie et de survie (eh oui ! Le vin
était
préférable à l'eau souvent
polluée...),
bases de l'alimentation depuis tant de siècles,
liens avec les divinités,
symboles de vie et
symboles spirituels,
sources de dictons comme d'art, d'artisanat et ... de technologie,
objets de représentation,
denrées populaires et nobles,
pitance quotidienne ou comestibles de fêtes
...tous deux issus de fruits que l'on cueille et que l'on transforme,
le pain et le vin sont au centre de notre vie depuis
l'Antiquité.
Qu'est-ce que le pain ? Qu'est-ce que le vin ?
Testez vos
connaissances !
|
Le Quiz du
pain |
| Qu'est-ce
qu'un... |
Si
vous ne
trouvez pas la réponse, cliquez à gauche dans la
cellule
colorée et faites glisser la souris vers la droite ! |
| pain salé |
? Une composition d'argile
et de sel qu'on fait lécher aux cerfs, aux daims et aux
chevreuils, dans les parcs. |
| pain à cacheter |
? Un petit rond de pain
sans levain, dont on se sert pour cacheter les lettres. |
| pain de roses |
? Le
nom qu'on donne au marc de roses qui reste dans l'alambic,
après
qu'on en a tiré l'eau, l'huile ou d'autres
extraits. |
| pain-de-hanneton |
? Les fruits de
l'orme. |
| pain-de-loup |
? Une espèce de
champignon. |
| pain-de-pourceau |
? Le cyclamen europaeum, L. |
| pain-de-singe |
? Le fruit du baobab |
| pain de corbeau |
? Une
variété de mica en masse. |
| pain du pauvre |
? Une espèce de
potiron qui vient de Valparaiso |
| pain de coucou |
? Alleluia |
|
Le Quiz du vin |
| Qu'est-ce
qu'un... |
Si
vous ne
trouvez pas la réponse, cliquez à gauche dans la
cellule
colorée et faites glisser la souris vers la droite ! |
| vin plâtré |
? Un
vin que l'on clarifiait à l'aide de plâtre. Les
vins
plâtrés ne contenaient pas de plâtre,
parce que
celui-ci était décomposé par le tartre
du vin. |
| vin de 2, de 3 feuilles |
? Un
vin de deux, de trois années ; ainsi appelé parce
qu'il
faut une année pour le renouvellement des feuilles. |
| vin d'une, de 2 oreille(s) |
? Un
vin d'une oreille, le bon vin ; un vin de deux oreilles, le mauvais ;
on appelle ainsi le bon vin, parce que le bon vin fait pencher la
tête de celui qui le goûte d'un
côté seulement
; et le mauvais vin, parce qu'on secoue la tête et par
conséquent les deux oreilles (explication donnée
par de
Brieux). |
| vin de l'étrier |
? Un
vin d'une oreille, le bon vin ; un vin de deux oreilles, le mauvais ;
on appelle ainsi le bon vin, parce que le bon vin fait pencher la
tête de celui qui le goûte d'un
côté seulement
; et le mauvais vin, parce qu'on secoue la tête et par
conséquent les deux oreilles (explication donnée
par de
Brieux). |
| vin de veille |
? Vin qu'on met dans la
chambre des princes en cas qu'ils en aient besoin la nuit.
Littré |
| vin de ville |
? Ou vin d'honneur, le vin
que les officiers municipaux offrent à de hauts personnages |
| vin tourné |
? Un
vin qui a subi une fermentation nouvelle portant surtout sur ses
tartrates et résultant soit de ce qu'il a
été
soumis à des variations de température, en
été surtout, soit de ce qu'il a
été mis
dans des vases ayant contenu déjà du vin
tourné.
Littré |
| vin de cerneaux |
? Un vin rosé
qui est bon à boire dans la saison des cerneaux. |
| vin de teinte |
? Ou vin de teinture, le
gros vin qui donne de la couleur à des vins
fabriqués. |
| vins d'imitation |
? Vin produit par
différents mélanges et qui imite certains vins
naturels. Littré |
| demi-vin |
? Eau passée sur
le marc de raisin, piquette |
| pot-de-vin |
? Ce qui se donne, comme
présent, en sus du prix convenu pour un marché.
|
| poire de vin |
? Variété
de poire |
| vin des sages |
? Le mercure pour les
alchimistes |
| vin de singe |
? Se disait d''un vin qui
met en gaieté. |
Un tout
petit peu d'histoire
Histoire
de la vigne, du vin... et du vignoble mosan : voyez notre article
dans la Rubrique Bibliothèque > Articles de fond pour
en savoir plus.
Histoire
du pain :
Préhistoire
:
Vers
8000 av. J.-C., des hommes commencent à
domestiquer et cultiver des céréales à
grains
vêtus [1]
comme l'engrain,
l'épeautre, l'orge, le millet, le blé amidonnier,
dans ce
qu'on appelle le Croissant fertile, en Mésopotamie.
Agenouillé devant une meule plate en
pierre, on y concasse
les céréales avec un galet
; on en fait des soupes et des bouillies, mets difficilement
transportables.
On invente ensuite la galette, préparée juste
avant le
repas et cuite sous la cendre, sur des pierres plates polies, sur des
grils en vannerie ou à la broche... un
procédé que nombre d'entre nous ont
expérimenté ! (2) Peu
à peu, on crée le four : cloche posée
sur les
braises, tanur ou tabun – petit four en argile en forme de
cône tronqué sur les parois duquel on plaque les
galettes, four moufle (en
forme de tonneau couché dont l'ouverture frontale est
fermée pendant la cuisson).
Une bouillie oubliée fermente : la
bière
va naître avant le pain levé... (3)
Celui-ci va coexister pendant des siècles avec la galette.
Antiquité
égyptienne, grecque et romaine :
Les
Hébreux consomment pain levé et pain
azyme (non
levé) en fonction des
circonstances de la vie et des fêtes religieuses.
La
qualité de la farine donne un signe de reconnaissance
sociale
(fleur de farine de froment pour les riches, farine d'orge pour les
pauvres).
Pendant longtemps, la
mouture du grain a été des plus sommaires
– on dit
que les dents des Égyptiens, gros mangeurs de pain,
étaient usées par les fines particules de pierre
restant
dans la farine... Chez eux, cet aliment essentiel servait
aussi
d'offrande aux dieux, de provision de voyage pour le défunt,
et
d'argent... la qualité du pain remis comme
rémunération dépendant du statut
social du
travailleur.
Les Grecs, qui ont découvert le pain chez
les
Égyptiens
au IXe
siècle av. J.-C., vont
développer la production chez des
boulangers professionnels, utiliser couramment le four, fabriquer
jusqu'à 72 variétés de pain et en
vendre sur les
marchés des villes. Au contraire des
Égyptiens, ils
n'utilisent pas les restes de la pâte de la veille comme
levain
mais des levures obtenues au moment des vendanges et qu'ils parviennent
à conserver pendant plusieurs mois dans de petites amphores.
Vers
le début du
Ve
siècle
avant J.-C., ils inventent un appareil à
mouvement alternatif baptisé « moulin à
trémie d’Olynthe », du nom de la ville
où les
premiers exemplaires furent exhumés ; ce début de
mécanisation qui facilite le travail des meuniers,
désormais debouts, rencontre un grand succès et
permet la
vente des moulins jusqu'en Syrie actuelle.
Vers 350 av. J.-C., les meules rotatives manuelles apparaissent dans
différents pays et apportent une nouvelle
amélioration de
la production ; elles vont êtres utilisées
jusqu'au milieu
du XXe
siècle
! La quantité de farine produite ne convenant
cependant qu'à l'usage domestique, les Romains
augmentèrent la taille des meules et utilisèrent
la force
de traction humaine (de 2 à 4 hommes) ou animale
(d'où le
nom de « moulin à âne » ou
moulins
Pompéïens puisqu'on a a trouvé dans les
ruines de
Pompéï).
Olynthiens ou rotatifs, les systèmes vont coexister
jusqu'à l'utilisation plus intensive du moulin à
eau
dès le Ier
siècle
av. J.-C. par les Romains.
Ceux-ci, traditionnellement appelés « mangeurs de
bouillie», ont pris
goût au pain grec au point
d'engager des boulangers
hellènes. Ils vont utiliser leur technique
de fabrication de « pastilles de levain », sortes
de levures
séchées à partir de farine de millet
et de moût de vendanges, mais
aussi améliorer
le système de
pétrissage, fonder un
collège de meuniers-boulangers
à Rome et créer de vastes meuneries-boulangeries,
avec moulins, auge
à pétrir et fours à pain de conception
fort
moderne. Dans cette ville, où le
peuple vit dans une
grande misère, les autorités doivent faire
distribuer
gratuitement du blé, puis des pains, pour éviter
les
émeutes et révoltes. Panem et circenses
[du pain et des jeux] résume le poète
Juvénal...
Comme
ailleurs et comme toujours, le pain du pauvre (pain de farine et de
son)... ou de l'esclave (pain d'orge) n'est pas celui du
riche (pain de
farine blanche)...
qui
s'offre des pains en forme de lyres, d'oiseaux, d'étoiles,
d'anneaux entrelacés... La variété des
formes
représentées dans les fresques de
Pompéï
indique bien l'habileté des boulangers.
Les
Gaulois, qui ont inventé le tamis en crin de cheval,
ajoutent
à la pâte de l'écume de boissons
céréalières (la cervoise ?),
dit Pline l'Ancien,
ce qui donne au
pain une
surprenante légèreté et fait sa
réputation auprès des
élites.
Moyen
Âge, Renaissance, Époque classique
:
L'avancée des Barbares fait reculer la panification.
Parce que des cultures sont ravagées, parce que
les
moulins à eau gallo-romains sont démolis ou
non-entretenus,... parce que les Barbares mangent des bouillies d'orge
ou d'avoine !
Les
famines sont fréquentes et, en l'an mil, le Feu de Saint
Antoine
ou « mal des Ardents » fait des milliers de
victimes.
Cette maladie est une intoxication alimentaire provoquée par
l'utilisation de seigle ergoté, c’est à
dire
parasité par un champignon : le claviceps purpurea, venu
d’Asie Centrale. Elle se manifestait sous forme aigue
convulsive
ou sous forme plus lente de gangrène sèche
pouvant
être précédées toutes les
deux par des
troubles hallucinatoires (4).
Si l’intoxication se prolongeait, le malade mourait dans le
délire dans le premier cas, ou avec la perte d’un
ou de
plusieurs membres, au milieu d’atroces souffrances dans le
second. L'ergotisme fut redouté comme la
lèpre et
la peste durant tout le Moyen Âge et connut son
apogée au
XVIIe
siècle où des milliers de personnes en moururent.
À cette époque pourtant, certains
médecins
(comme
le parisien Denis Dodart) avaient trouvé la cause du mal et
proposé la solution : obliger les gens à cribler
le
seigle pour en séparer l'ergot et empêcher les
meuniers de
moudre un seigle ergoté. Le fait est que les
paysans des
régions concernées n'avaient quasiment que du
seigle pour
se nourrir ; ils n'avaient donc le choix qu'entre mourir de faim en
juillet, août et septembre... ou risquer la maladie qui
pouvait
s'arrêter en octobre avec une petite récolte de
sarrazin.
Si les moines Antoniens (franciscains) sont
sollicités par
les
malades, ce sont les Cisterciens, vers 1050, qui relancent
l'agriculture dans leurs fermes modèles et provoquent
l'éclosion de nouvelles paroisses construites autour d'une
église, d'un moulin et d'un four,
propriétés d'un
seigneur laïc ou ecclésiastique.
On
instaure un impôt : les paysans doivent payer une redevance,
le ban, pour faire moudre leur
céréales au « moulin banal »
– moulin à eau, puis
à vent au retour des Croisés –, et
faire cuire leur miche dans le
« four banal», la gestion des redevances
étant assurée par le fournier.
Outre
le fait que le pain a reçu une
forte charge symbolique par la
religion judéo-chrétienne, il constitue la
calorie la
moins chère. On cuit cet aliment de base
une fois
tous les 8 ou 15 jours en été, une fois par mois
seulement en hiver, voire une
fois tous les 6 mois dans certaines régions [5],
et on le consomme rassis, «soupe» trempée
(6) dans
le potage. Il est fait de blé de seigle,
d'épeautre,
utilisés seuls ou mélangés.
Froment et
seigle semés ensemble donnent le pain de
«méteil ».
Dans
les villes, les talmeliers choississent et achètent leurs
céréales, les stockent, les vannent, les font
moudre,
tamisent leurs farines, pétrissent à la main (et
parfois
avec les pieds), fabriquent des pains en forme de boules (7),
les vendent au marché ou à l'ouvroir, sorte de
fenêtre munie d'une étagère et donnant
sur une rue
commerçante – une boutique où le
fournier sonne
aussi du cor pour avertir sa clientèle que le four est chaud
et
qu'on peut y porter son pain à cuire
!
Le pain
prend de plus en plus de place dans l'alimentation ;
sa
production va donc être de plus en plus
réglementée
même si la culture des céréales
connaît des
hauts et des bas (hélàs nombreux !) en fonction
des
caprices du climat, des
guerres (de Cent ans), des exactions, des pillages et des
révoltes (Jacqueries). Édits,
ordonnances,
placards, lois, décrets, règlements se
succèderont
(jusqu'au XXe
siècle
!) pour fixer qualités, prix,
procédures de contrôle et de répression
des
fraudes. Les
autorités publiques vont le plus souvent se ranger du
côté des commerçants (souvent
menacés il est
vrai par la fureur des peuples affamés) allant
jusqu'à
condamner au bagne ou à la pendaison pour le vol d'un pain. !
[8]
Il n'est donc pas vraiment étonnant que les peuples aient
détourné le proverbe «Qui vole un oeuf
vole un
boeuf» en
«Qui
vole un pain,
va
en prison,
qui
vole des
millions
est
au Palais Bourbon»...
Au
XVIe
siècle, en
France, la
pénurie en farine s'aggrave par le fait que les
médecins
affirment impropre à la consommation le résultat
de la 2e
mouture des sons. Le premier broyage, fort grossier, les
laissait
pourtant encore souvent gorgés de farine... Le
son est
donc donné aux porcs qu'achètent,
élèvent
et vendent les boulangers avec privilège de ne pas payer de
taxe ! Dans la Principauté
de Liège, les
nécessiteux qui assistent à certaines
cérémonies religieuses, en particulier les messes
d'obit
(anniversaires de décès), reçoivent
souvent un
méreau donnant généralement droit
à du pain
ou à une collation. Cette habitude de distribuer
des
jetons alimentaires en échange desquels les plus pauvres
peuvent
obtenir gratuitement du pain ou, plus rarement, d'autres
denrées
alimentaires comme lait, légumes, soupe, va perdurer
jusqu'au XXe
siècle... [9]
Au
XVIIe
siècle,
un procès français voit la levure de
bière
au banc des accusés ; certains prétendent qu'elle
nuit
à la santé. En réalité,
l'action a
été provoquée par les boulangers de
gros pains,
jaloux du succès d'un petit pain mis à la mode
par Marie de
Médicis (le «pain à la
Reine») dans lequel
entrait de la levure... L'usage de celle-ci est finalement
autorisé sous conditions.
Certains meuniers expérimentent la mouture
«à
blanc» en sassant [tamisant] énergiquement les
sons, et parfois en
les repassant sous la meule, malgré l'interdiction.
Les
farines tamisées apparaissent ainsi sur le
marché, alors
que jusque là c'est le boulanger qui tamisait sa farine.
En 1645, des voix s'élèvent pour reprocher aux
coquets
d'employer pour
leurs perruques une farine qui manque au peuple. La fin
du siècle connaît des récoltes
catastrophiques et
les provinciaux sont réduits à manger des
«pains de
misère» faits de farine de châtaigne,
glands, de
racines de fougères, de lentilles. A Paris, le roi
fait
importer des grains d'Italie et de Pologne pour éviter les
émeutes...
De
la Révolution à nos jours :
Ce n'est pourtant qu'au milieu du XVIIIe
siècle,
après de
nouvelles disettes, que l'interdiction de remouture des sons est enfin
levée, que des minnotiers de Paris inventent la "mouture
économique" et deviennent... marchands de farine.
La
technique de panification évolue avec des pâtes
plus
molles et mieux pétries ; étant donné
le prix du
bois, on essaie de chauffer les fours au charbon.
Boulanger
reste
un métier à risques : le peuple suspecte toujours
l'artisan de
profiter de la hausse des prix ! Et le prix du pain,
basé
sur celui du blé, va parfois constituer 50 % et plus du
budget
familial... Le peuple veut du pain ! Il va en
demander
à Versailles au Boulanger (Louis XVI), à la
Boulangère (Marie-Antoinette) et au Petit Mitron (le
dauphin).
Faute de pain (et de brioche), il se révolte. Ce
n'est pourtant pas
parce que le Roi est emprisonné, que la
République est proclamée ni parce que la
Convention
décide le 15 novembre 1793 que tous les Français
doivent
manger le même pain [10]
que
la situation s'améliore ! 1793, année
où enfin la banalité des moulins et des
fours est
abolie...
La
boulangerie autrichienne utilise depuis longtemps la levure de
bière pour l'ensemencement du pain et a inventé
des
procédés de conservation des ferments.
[11]
Elle fabrique des petits pains à la croûte
dorée,
fine, brillante. Ils vont être exportés
à
Paris par le Baron Zang en 1838 et remporter un succès
éclatant.
Au
XIXe
siècle,
les pétrins mécaniques apparaissent et les
machines à mouture se perfectionnent.
En
1860, les travaux de Louis Pasteur lui permettent d'expliquer les
phénomènes de la fermentation due à la
levure.
Il publie «Fermentations et
générations dites
spontanées», puis une «Étude
sur le vinaigre
et le vin» [12].
Les levures de distillerie d’alcool de
céréales
remplacent bientôt les levures de bière dans la
fabrication du pain. A partir de 1867, la fabrication industrielle de
la levure se développe.
Tout cela n'empêche pas que le travail du boulanger soit
resté fort pénible, particulièrement
à
cause du pétrissage ; on considère alors que
passé
40 ans, le «mineur blanc» n'est plus capable
d'assurer ce
poste.
La deuxième moitié du XIXe
siècle
voit
- la
hantise de la faim disparaître,
notamment grâce à l'utilisation massive de la
pomme de terre,
- le froment prendre le dessus sur le seigle,
- le libre-échange permettre les importations de
blé de Russie, de Hongrie ou d'Amérique,
- l'engouement se propager pour les pains de fantaisie, les pains
longs, flûtes et baguettes, les pains « marchands
de vin
» destinés aux nombreux cafés et
conçus pour
réaliser les casse-croûtes,
- les petites boulangeries artisanales s'installer dans les villes,
- le portage du pain (au tablier, à la poussette, au
triporteur,
à la charette à chien, à cheval) se
développer parallèlement à
- la fin du pétrissage et de la cuisson du pain de
ménage, par les femmes, à leur domicile...
Bas-relief
en bois, Forêt noire, fin XIXe
siècle, coll. BMG
La
mouture par meule de pierre produit alors des farines blanches
à 60 % ; une nouvelle méthode d'origine
austro-hongroise,
par cylindres métalliques, se répand à
toute vitesse et provoque la
fermeture de milliers
de petits moulins à eau et à vent.
En Europe, le pain est enfin blanc pour tous !
Il va le rester (sauf en période de guerre) mais s'appauvrir
en
goût en raison de méthodes de fabrication qui
créent une surenchère dans la recherche de faible
masse
volumique.
Aujourd'hui, à l'inverse de ce qui s'est passé
durant des
millénaires, le pain blanc, c'est celui du pauvre... Voyez
les
produits "blanc" ou "365" ! Les riches
préfèrent
un produit artisanal... influencés par un mouvement de
retour
à la nature, au "pain bis de nos aïeux" qui semble
avoir
éclos dans les années 1970 mais trouve en
réalité son origine en 1895, quand le professeur
Tarnier,
de la Faculté de Paris, s’opposa à
cette
quête de raffinage extrême, qui prive la farine de
composés fibreux et vitaminiques et qui, disait-il pouvait
provoquer chez l'enfant troubles dyspeptiques, convulsions et autres
accidents nerveux.
Quelques pains
spéciaux mangés en Belgique :
| Pain
d'épices |
Au
Xe
siècle, Gengis
Khan
mange une sorte de pain d'épices appelé "mi-king".
Le pain d'épices ramené en Occident par les
Croisés fut très apprécié
dans les Flandres
et dans plusieurs villes d'Europe comme Nuremberg où il en
exista 11 fabriques... Il est normalement
composé de
farine de seigle, miel, potasse, cannelle, girofle, fruits confits,
amandes et zestes d’orange et de citron et poivre. Au XVIIIe
siècle,
on remplace le poivre par du sucre.
|
| Couque
de Dinant |
Pain
d'épices
très dur fabriqué à Dinant
à partir de moules en bois sculptés.
|
| Cougnou
ou Vollaard |
Vollaard
en flamand. Pain
doux, allongé, fabriqué à
Noël. Il a la forme
d’un bébé emmailloté; on y
colle
généralement un petit Jésus en
massepain rose,
un «rond de cougnolle»,
élément
décoratif
jadis fabriqué en craie, que les enfants
récupéraient pour jouer à la marelle,
une
«mastelle» ou un «patacon»,
fabriqué en
terre à pipe, cuit au four, et décoré
–
souvenir de la monnaie d'argent de 50 deniers, du même nom,
qui
eut cours aux XVIIe
et XVIIIe
siècles dans nos régions (Pays-Bas sous
occupation espagnole) |
| Biscotte |
Vient
de l'italien biscotto,
a le
même sens que le mot biscuit : cuit deux fois.
La
biscotte fut inventée en 1903 par Heudebert, un boulanger
français de Nanterre, qui imagina de faire griller son pain
brioché pour pour ne pas devoir en jeter
l'excédent. |
| Pain
à la grecque |
Rectangles
de pain
bruxellois au lait, à la cassonade, à la
cannelle,
couvert de sucre cristallisé.
Au centre de Bruxelles, là où se trouve
l’actuelle
place L. De Brouckère, s’élevait une
abbaye
où les pères Augustins distribuaient du pain aux
pauvres.
Le fossé aux loups était tout proche, et les gens
appellèrent cette aumône le «Wolf-Gracht
brood» («le pain du
fossé-aux-loups»).
De gracht à grec, il y a eu un «glissement
sémantique». |
| Pistolet |
Petit
pain bruxellois, à la pâte
légère et la croute croustillante. Un
délice !
Pistolet,
miche, sandwich, chermoule, michette, michot, pannhai,
quârlet, skrepin, piccolo... bien des noms pour
des petits pains ronds ou allongés.
On ne s’y retrouve d’ailleurs pas : le pistolet de
Bruxelles que les livres décrivent allongés,
étaient RONDS à l’étal du
boulanger
bruxellois comme “au littoral” ! Comme la miche
à
Liège ? |
| Sandwich |
n.m.
(1752) du nom du comte de Sandwich, dont le cuisinier inventa ce mode
de repas pour lui épargner de quitter la table de jeu.
Met composé de
deux
tranches de pain entre lesquelles on place des aliments froids.
Au pl. des sandwichs. Notons qu'en Belgique, le terme est
utilisé quel que soit la forme du pain pourvu qu'il soit
fourré ! On dira donc sandwich pour les tranches
de mie,
les miches salées ou sucrées
(elle-mêmes
appelées sandwich dans certaines zones du pays...) ou
morceau de
baguette. |
| Dagobert |
Appellation
bruxelloise et wallonne. Tiers ou demi de baguette fourrée
de
jambon cuit + tranches de jeune fromage de Hollande +
crudités
(salade, carotte rapée, tomate, tranches de concombre,
petits
ognons au vinaigre, tranches d'oeuf dur) + mayonnaise. |
| Couque
au beurre |
Sorte
de croissant non
feuilleté que l'on déguste au petit
déjeuner bruxellois. |
| Cramique |
Pain
aux raisins de Corinthe. |
| Craquelin |
Pain
au sucre
perlé. |
Quelques définitions :
| Anneaux
doubles |
Pain
de maîtrise |
| Baiser
ou baisure |
Partie
du pain sans
croute. |
| Pain ferré |
Pain brûlé
en-dessous |
| Panis ostrearius (Rome) |
Pain
de luxe dégusté avec des
huîtres |
| Pain Parmentier |
À base de
farine et de fécule de pomme de terre ; on y incrustait
aussi des pommes de terre |
| Pain raté |
Pain attaqué par les
rats et donné aux pauvres |
| Tranchoir |
Tranche de pain qui servait
d'assiette au Moyen Âge |
| Boulangerie |
Jusqu'au XVIIIe
siècle, ne se dit du lieu où l'on fait le pain,
que dans
les Communautés et les maisons particulières
à la
campagne. On ne le dit point des boutiques et des maisons des
Boulangers. |
Pain et Vin sont
intimement liés à la religion, à la
tradition, à la culture, à la langue des hommes.
Religion
:
Grains
et morts se retrouvent dans les mêmes fosses
néolithiques.
Nous l'avons dit, le pain accompagnait le défunt
égyptien dans le rituel de la mort.
Déméter,
dans le Grèce antique, est la déesse des
céréales comme Dyonisos est le
dieu du vin. Chez les Romains, Cérès et
Bacchus remplissent les mêmes
offices.
Le mythe de la mort et de la résurrection
de la fille
de Déméter,
Perséphone,
celèbre le travail du grain de blé
semé en terre.
Les Romains portent le pain en procession dans des
cérémonies religieuses et en offrent aux
défunts.
La Genése, qui est à la base de 3 religions du
Livre, évoque le levain.
Les juifs, qui offraient 12 pains en offrande dans le temple de
Jahwé, emploient tojours le pain azyme pour
célébrer la Pâque et
commémorer la fuite
d'Égypte.
Bethléem
signifie "La maison du Pain" en araméen.
Le prophète Élisée,
Jésus
et Mahomet font le miracle
de la multiplication des pains...
Le
pain est au coeur de l'eucharistie chrétienne, qu'il soit
simple
morceau de miche partagée ou hostie consacrée.
Le vin est présent dans le rituel juif.
Jésus le
transforme en vin aux noces de Cana. Le vin
représente le
sang de Dieu pour les chrétiens. S'il est proscrit par
l'Islam,
les mystiques musulmans lui trouvent bien des qualités...
Tradition :
Nous
sommes tous imprégnés de contes et
légendes... Le pain évoque pour nous le Petit
Poucet qui
émiettait son pain, le Petit Chaperon rouge qui portait sa
galette et son petit pot de beurre, Hansel et Gretel qui mangaient une
maison de pain et enfermaient la sorcière dans le four
où
ils auraient dû cuire, ou encore le Chat botté
dont le
maître n'avait pas hérité du moulin
paternel...
Davantage encore sommes-nous marqués par
les coutumes :
attendre
le pain de Saint-Nicolas en pain d'épices, le cougnou de
Saint-Nicolas puis de Noël, la catin (étrenne de
pain en
forme de poupée) pour les petites Canadiennes...
De la
naissance à la mort, le pain et le vin rythment les
évènements de la vie (naissance,
fiançailles,
mariage, funérailles) et de l'année (galette des
rois,
pain perdu du carnaval, poissons d'avril, pains tressés de
Pâques, goûter matrimonial –
d'Écaussines
– fête des moissons et
son bouquet tressé avec les dernières gerbes de
la saison
– à conserver jusqu'à la moisson
suivante,
fête des vendanges, pains des âmes de la Toussaint,
promenade
de la Saint-Martin, vin cuit de la Noël)
en assurant le quotidien (pâte mise à lever sous
les
couvertures du lit conjugal, pain trempé dans le vin, vin
versé dans le café ou dans la soupe qui accueille
aussi
le pain, méreaux et pain
d'aumônes...)
Beaux-Arts :
Le
semeur fut célébré par Constantin
Meunier et par
Constant Permeke, les moissons par Brueghel l'Ancien et Pissaro, les
glaneuses par Charles de Groux, les moulins à vent par
Cervantès dans Don Quichotte..., les meuniers par Alphonse
Daudet dans Le secret de maître Cornille,
la pénibilité du métier par la Femme
du Boulanger
de Pagnol, le Boulanger par Niepce, la baguette au Passage du Commerce
Saint-André par Balthus, la Porteuse de Pain par Xavier de
Montépin (et René Wheeler, ORTF), le banquet de
noces par
Brueghel l'Ancien,
le partage du pain dans de multiples Cènes...
Quant aux poèmes, aux chansons à
boire, il ya en a tant et tant...
Langue :
Liste
non exhaustive d'expressions françaises
| Farine
du diable retourne en
son. |
Bien
mal acquis ne profite
jamais. |
| A
chaque grain sa paille. |
Pas de rose sans
épines. |
| Un vieux four est plus
aisé à chauffer qu'un neuf. |
Il est plus facile d'allumer
une femme mûre qu'une jeune. |
| Il vaut mieux aller au moulin
qu'au médecin. |
Il vaut mieux être en
bonne santé que malade. |
| Ils
vont faire la guerre au pain. |
Se dit de gens qui rentrent
affamés au logis. |
| Il mange son pain dans sa poche
ou dans son sac. |
Se dit d'un avare ou d'un homme
qui vit retiré |
| Qui fuit la meule, fuit la
farine. |
Fuir le travail, c'est fuir le
profit. |
| Il ne vaut pas le pain qu'il
mange. |
Se dit d'un
fainéant, de quelqu'un d'inutile. |
| Avoir du pain sur
la planche. |
Avoir du travail en abondance. |
Il mange son pain blanc le
premier.
Il a
magni
s'blanc pan. |
Se dit de quelqu'un
qu'on prévoit ne devoir pas être
toujours dans une condition aussi heureuse que celle où il
est
présentement. |
| Manger
son pain à la fumée du rôt (ou
à la fumée). |
Être
témoin des
plaisirs
d'autrui sans y prendre part. |
| Il a mangé plus d'un
pain. |
il a couru le monde. |
| Le pain d'autrui est amer. |
Il est
désagréable de vivre de la charité. |
| Avoir son pain cuit. |
Être riche (ou...
condamné !). |
| Coller un pain. |
Frapper. |
| Emprunter un pain sur la
fournée. |
Être enceinte sans
être mariée. |
| Pain
dérobé réveille l'appétit. |
Ce qui est interdit est attirant. |
| Ne pas manger de ce
pain-là. |
Refuser ces méthodes. |
| Mettre de l’eau dans
son vin. |
Accepter des compromis. |
Quand le vin est
tiré, il faut le boire.
|
Quand on a commencé
une activité, il faut la terminer. |
| Avoir le vin gai / triste |
Être joyeux / triste
après avoir bu. |
Boire le vin
jusqu’à la lie.
|
Aller jusqu’au bout
d’une expérience désagréable. |
| Cuver son vin. |
Dormir après avoir
bu. |
Être entre deux vins.
|
Être
légèrement ivre, juste entre
l’état de lucidité et
d’ivresse. |
| Outre à vin |
Ivrogne |
| Sabler un verre de vin. |
Avaler le verre d'un coup. |
| Fesser le champagne. |
Boire beaucoup sans
être incommodé. |
| Rouge sur blanc, tout fout le
camp ; blanc sur rouge, rien ne bouge. |
Mélanger
le vin rouge après quelques bonnes rasades de vin blanc
entraine
inévitablement quelques désagréments
d'ordre
physique. |
Des outils pour le pain et le vin
– en vrac
tamis, four, pétrin, maie, rouleau,
banneton, pelle
à
enfourner (forneûre en wallon), racle ou râble,
racloir
(razîre
en wallon), tranchoir, trancheuse, fer (à
osties), échantillon/souche
(tèye
en wallon) [14],
platine, porte-en-ville, marque à
pain, panetière,
tartinière, moule, sceau,
pinceau, panier, manne, brouette...
verre, frèzé, bouteille, voleuse, carafe, panier,
tirebouchon, chariot, faisselle (prèhale en wallon, caisse
percée de trous sur les côtés dans
laquelle on
presse le raisin), hache à marc,
amphore, tonne, tonneau, futaille, pressoir, pipette,
tasse à vin, taste-vin, gaucho, pichet...

Meuble
de boulanger-pâtissier pour les «grandes
roues»
Pays rédimés, XXe
siècle, coll. BMG
NOTES
(1)
Vêtu : des glumes coriaces enveloppent
étroitement les grains. Chaque paire de glumes, lemma et palaea,
et les grains forment l’épillet. A
maturité, le
rachis (tige centrale de l’épi de
céréales)
se désarticule, permettant ainsi la dispersion des
épillets. Les premiers blés
domestiqués,
engrain et blé amidonnier, étaient
vêtus comme
leurs ancêtres sauvages, mais avec des rachis qui ne se
désarticulaient pas à maturité.
Pendant la
période PPNB (Néolithique), environ 8000 ans av.
J.-C.,
les formes de blés nus ont évolué,
avec des glumes
légères et des rachis totalement coriaces.
Les différentes formes sont habituellement
cultivées
séparément, et ont un traitement très
différent après la moisson. Les blés
vêtus
nécessitent un traitement de décorticage
supplémentaire pour ôter les glumes coriaces. retour au texte
(2)
«
Je ne crois pas avoir autant mangé du porridge, des
pilchards, du sirop de Liège et de la pâte
à pain
enroulée sur un bâton, crue au coeur et
brûlée en surface qu'au cours de mes
années
scoutes. » Raton râleur in La Libre Belgique du
28/04/2007 retour
au texte
(3)
Vers
3000 av. J-C., les Sumériens font de la bière et
leur
alimentation repose sur l'orge et le blé amidonnier.
Nous ne connaissons pas de texte avant le Code de Hammourabi
(2100 av. J.-C.) qui fasse allusion au pain levé. retour au texte
(4) «
L’ivresse ergotique ». Hofmann,
au XXe
siècle, a découvert
qu’un alcaloïde de l’ergot à la
base du L.S.D.)
retour
au texte
(5)
En
Norvège, on faisait une sorte de pain qui se conservait
pendant
40 ans ! « (...) il n'est pas rare qu'au repas qui
se fait
à la naissance d'un enfant on mange du pain qui a
été cuit à la naissance du
grand-père.» écrit
Valmont-Barre retour
au texte
(6)
Tranche
de pain coupée mince, qu'on met... dans la soupe.
L'étymologie montre
que le sens primitif de soupe est potage ; mais l'antonomase qui a
donné à ce mot le sens de tranche de pain est
très ancienne. retour au texte
(7)
Peut-être
est-ce de là que vient le nom « boulanger
» ?
Oui d'après le romancier anglais Walter Scott (XIXe
siècle), qui
écrivit, dans
«Quentin Durward» : « Le pain avait la
forme de petites boules, d' où les
Français ont tiré le mot boulanger ». Non, selon
Gilles Ménage (XVIIe
siècle) : il affirmait
que boulanger vient de « polenta », farine de
froment ou d' orge, ou de
maïs, et dont on fit « polentarius », puis
« bolentarius », et enfin «
bolengarius ».
Émile Littré (XIXe
siècle) cite aussi le
bas-latin bulengarius, repris dans un texte du XIIe
siècle
retour au
texte
(8)
Décret
du 26 brumaire An II
: «La richesse et la
pauvreté devant également disparaître
du régime de l'égalité, il ne
sera plus composé un pain de fleur de farine pour le riche
et un pain
de son pour le pauvre. Tous les boulangers seront tenus, sous peine
d'incarcération, de faire une seule sorte de pain : Le Pain
Égalité.»
retour au
texte
(9)
Voir notre article
sur les méreaux -
retour au texte
(10)
Chacun
se rappelle la condamnation de Jean Valjean dans «Les
Misérables» de
Victor Hugo ; Hugo s'est basé sur un fait réel :
la condamnation de
Pierre Maurin en 1801 à cinq années de bagne pour
vol d'un pain, (et ce
pain il l'avait volé pour nourrir les sept enfants
affamés de sa
soeur). Le comte de Courchamps dans une pétition
à la chambre des
pairs française, cite la pendaison pour le vol d'un pain en
Angleterre
(rapporté par Alexandre Dumas dans son Grand Dictionnaire de
cuisine, à
l'article Foie gras).
retour au
texte
(11)
La
levure de bière n'était pas disponible
l'été lorsque les brasseries ne fonctionnaient
pas...
retour au
texte
(12)
Ces ouvrages sont devenus raretés... La
Bibliothèque de la Gourmandise présente
l'«Étude sur le vinaigre et le vin» dans
l'exposition. retour
au texte
(13) Moule
sculpté au XIXe siècle par
Limbor, le Liégeois qui fut le dernier à sculpter
les moules. coll. BMG retour
au texte
(14)
Bâton
fendu en deux dans le sens
de la longueur sur lequel on taille des crans pour indiquer le nombre
de pains fournis ; le client en garde une moitié
(l'échantillon), le boulanger conserve l'autre (la souche)
retour
au texte
BIBLIOGRAPHIE.
Les rayons
«Pain» et «Vin» de la
Bibliothèque de la Gourmandise et
http://fr.wikipedia.org
http://cehm.toulouse.free.fr/fichier/T85.doc
http://www.pug.fr/extrait_ouvrage/Epain1.pdf
http://www.cndp.fr/RevueTDC/862-66061.htm
http://cent.ans.free.fr/pj1907/pj85828041907.htm
http://www.wetterenoise.be/fr/pain/histoire/default.html
http://www.flwi.ugent.be/btng-rbhc/pdf/BTNG-RBHC,%2006,%201975,%201-2,%20pp%20053-115.pdf
http://www.dumaspere.com/pages/biblio/chapitrecuisine.php?lid=c1&cid=398
http://www.gallican.org/hugo.htm
http://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/origines_et_traditions_de_noel.asp
http://four-a-pain.chez-alice.fr/pains.htm
http://www.lib.uchicago.edu/efts/ARTFL/projects/dicos/onelook.html
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