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Histoire de l'écriture |
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Chapitre XXI -Claviers et caractèresLes claviersNous l'avons déjà dit : la machine de Sholes possèdait des touches de lettres placées dans l’ordre alphabétique sur un clavier à quatre rangs, avec pour inconvénient l'enchevêtrement des barres de caractère lorsque la frappe était trop rapide.Sholes, en 1868, modifie la disposition des lettres sur le clavier en séparant les lettres fréquemment utilisées en anglais, comme le Q, le R, le W… et crée ainsi le clavier QWERTY (dont le nom reprend simplement les 6 premières lettres du rang supérieur). Ce clavier ne comporte pas d'accent puisque ceux-ci n'existent pas en anglais ; il ne convient donc pas à certaines langues - dont la française. Adopté par Remington qui produit massivement les premières machines à écrire et les vend partout dans le monde, il est également utilisé par l'immense majorité des constructeurs mais va subir quelques transformations. ![]() Clavier QWERTY d'une Continental
Auteur : Sommeregger - Sous licence Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 Unported. Il devient par exemple le QWERTZ en Allemagne, l'AZERTY en France et en Belgique. ![]() Clavier AZERTY d'une Remington
12,
fabriquée de 1922
à 1927 et utilisée en Belgique.
La touche portant le chiffre 3 donne aussi la frappe d'un guillemet et celle avec le chiffre 4 donne l'apostrophe droite. — © BMG. On ajoute sur l'AZERTY les minuscules accentuées é, è à, ù mais non, hélas [1], les majuscules accentuées. Une « touche morte » permet de frapper l'accent circonflexe (et le trémas si on appuie sur la touche majuscule en même temps) sans que le chariot ne se déplace ; la frappe suivante d'une voyelle inscrit donc celle-ci sous le signe diacritique précédemment frappé.[2] Aucun changement n'intervient par contre pour l'apostrophe ni pour les guillemets : ils restent désespérément droits comme ils l'étaient chez Sholes et Remington, alors que la typographie française qui les a créés les voulait courbes.[3] ![]() L'apostrophe française est dite typographique, l'anglaise est l'apostrophe droite.
Auteur : M0tty - Sous licence Creative Commons Paternité – Partage des conditions initiales à l’identique 3.0 Unported, 2.5 Générique, 2.0 Générique et 1.0 Générique Des variantes de disposition des lettres vont intervenir selon les contrées et des normes vont être établies par certains gouvernements (ex : les Québécois utilisent un QWERTY adapté à la langue française). La disposition des touches sur les claviers résulte donc de la solution d’un problème mécanique et non ergonomique… Les claviers présentent sur ce dernier point pas mal d’erreurs de conception et provoquent aujourd’hui encore d’innombrables blessures aux utilisateurs intensifs : tendinites, mal de dos, etc. car ils restent le composant essentiel des outils d’écriture mécaniques… ou électroniques. On considère que 34 frappes sur 100 sont effectuées dans de mauvaises conditions ! Sur base de la fréquence d'utilisation des touches, d'autres dispositions ont pourtant été proposées : - DHIATENSOR par George C. Blickensderfer en 1893 aux U.S.A. - ZHJAYSCPG (ou ZHJAY) en 1907 en France - HCESAR en 1937 au Portugal. ![]() Clavier DHIATENSOR d'une Blickensderfer, fabriquée de 1893 à 1906. Les lettres DHIATENSOR sont celles du rang inférieur. Auteur : Chetvorno - Œuvre laissée au domaine public. August Dvorak, professeur à l’Université de Washington, dépose en 1936 un brevet pour une disposition des touches qui réduit le nombre de mouvements et maximalise l’efficacité (gain de vélocité de +/- 30 %). De cette disposition Dvorak sera issue la disposition bépo pour clavier d'ordinateur, dans les années 2008. ![]() Clavier bépo complet - Auteur : Diti - Sous licence Creative Commons
Attribution-Share Alike 3.0 Unported, 2.5 Generic, 2.0 Generic and 1.0 Generic. En 2011, QWERTY est toujours la disposition la plus utilisée dans le monde (et AZERTY en France et Belgique). Peu d’entreprises ont été tentées d’acheter des claviers que peu de gens savait utiliser… et peu de dactylos ont voulu apprendre à se servir d’un clavier que peu d'entreprises possédaient… Les machines ne sont donc pas adaptées à leurs utilisateurs mais aux tâches qu’on leur demande ; certains chariots, par exemple, peuvent accueillir des documents bien plus larges qu’une feuille de papier « A4 » traditionnelle[4], comme pour les tableaux comptables. ![]() Machine DM1 à clavier QWERTY et à large chariot - Auteur : Ziko - Sous licence Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0 Unported, 2.5 Generic, 2.0 Generic and 1.0 Generic
Les caractèresLe principe de fonctionnement des machines à écrire est simple : chaque frappe fait reculer le cylindre d’un espace égal, quelle que soit la « chasse », la largeur du signe frappé. Or la chasse d’un « m » est évidemment bien supérieure à celle d’un « i », d’un « l » ou d’une « , » comme le démontrent les 2 mots suivants également composés de 12 caractères :![]() Le caractère utilisé ci-dessus est Arial. La police de caractère à chasse fixe donne un écartement uniforme, collant ensemble les lettres les plus larges et isolant les plus étroites, et rend la lecture fort pénible. Il faut donc créer un alphabet spécial dont les lettres les plus larges comme le « m » sont condensées, avec un empattement des plus réduits tandis que ceux-ci sont étendus au maximum pour les lettres étroites, comme dans le « Pica » typographique. ![]() (Le caractère utilisé ci-dessus est Courrier std, relativement proche du Pica.) « On
s'est demandé d'où est venu ce vocable qui correspond au
nom latin, employé par les ornithologues pour désigner la
pie, la pie voleuse qui mange de tout.
Au premier siècle de la typographie, lors de son introduction en Angleterre, par William Caxton, l'un des premiers livres dont le clergé anglican demanda l'impression fut l'Ordinal, qui contient les prières pour conférer les ordres. Les jeunes clercs, voyant ce livre aux caractères noirs sur blanc, le baptisèrent le Pica. On voit dès lors l'origine du terme technique : On appela, en Angleterre, pica le caractère qui servait à imprimer l'Ordinal ; comme, sur le continent, on donna le nom de cicero au caractère qui avait servi, au couvent de Subiaco, à l'impression des Épîtres de Cicéron. » Edmond Morin, Dictionnaire de l’imprimerie
2e éd., Librairie des arts graphiques, Bruxelles, 1933. « Pica » est aussi, à l’époque, dans tous les pays d’influence
anglo-saxonne, le nom d’une mesure typographique du corps de caractère
correspondant à 12 « points » de 0,351 mm, une hauteur qui tient compte
de l’espace nécessaire pour que les hampes des b, d, h… ne touchent pas
les jambages des g, p, q, j… de la ligne précédente.
La distance minimale entre deux lignes de frappe est donc aussi égale à un pica, et le nouvel alphabet, si proche de la dimension du « Pica », prend son nom. Les fabricants imaginent aussi des caractères identiques mais plus petits (5/6e du Pica, donc +/- 10 points) qu’ils nomment « Elite ». Cette appellation n’appartient qu’au vocabulaire de la machine à écrire. Il faudra attendre plusieurs décennies avant de voir apparaître, grâce à l’espacement proportionnel, de nouveaux types d’alphabets dont la grandeur de police des caractères est variable, le « point 4 » ou « 6 » étant le plus petit normalement lisible. Suite au mois de mai : Un bouleversement social.
[1] Il est indispensable de rappeler qu’en français, majuscules et capitales doivent être accentuées !
Les décennies d’utilisation de machines à écrire, primitivement crées pour l’anglais qui n’utilise pas d’accent, puis adaptées au français pour l’accentuation des minuscules seulement, ont fait oublier cet impératif. Or sans accent, comment comprendre par exemple : - UN DEPUTE CHAHUTE A LA CHAMBRE ? Comme « un député qui chahute à la Chambre » ou « un député chahuté à la Chambre » ?
Comme
« le coup de dé de de Gaulle, humilie et offense,
n’assure pas les arrières des retraites » ou un coup de dé de
– retour au
textede Gaulle humilié et offensé (?) qui n'assure pas les arriérés (?) des retraités (?)… [2] La « touche morte » existe aussi dans le clavier d'ordinateur ; il s'agit de celle dont la frappe d'un signe diacritique ne produit aucun résultat visible, le signe n'apparaissant qu'après la frappe d'une touche suivante. – retour au texte [3] Pour mémoire, les guillemets sont apparus en Europe au Moyen Âge, sous forme de virgules qui encadraient des mots d'orthographe ou de sens douteux. – retour au texte [4] A4 = largeur 210 x hauteur 297 mm que l’on peut introduire dans la machine soit en hauteur comme pour le format d’un « Portrait » (dit format « à la française » en imprimerie), soit en largeur comme pour un « Paysage » (dit format « à l’italienne » en imprimerie). – retour au texte Bibliographie partielle : Bibliothèque du Musée Postes restantes et Edmond Morin, Dictionnaire de l’imprimerie, 2e éd., Librairie des arts graphiques, Bruxelles, 1933. |
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Asbl
Syndicat d'Initiative d'Hermalle-sous-Huy (La
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